‹ Le potager [microforme]Chapitre 10 sur 40 · RE · texte numérisé non relu

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(fig. 11), qui est la plus usitée dans le jardinage, et la brouette-

civière où barreau (fig. 12), qui est dépourvue de cotfre et

sert à transporter les matériaux volumineux ou encombrants

QU qui ne pourraient pas être contenus dans le coffre de ln première, Toutes deux se manœuvrent en les poussant en avant ou en les tirant après soi,

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’ La brouctte-civière où burreuu (tigure 12) est très-légère et destinée spécinlement aux transport des pailles, fumiers, branchages et nutres matières voluminenses et encombruntes : son «dossier est beaucoup plus élevé que celui de In brouette ordinaire, ce qui permet d'en augmenter considérablement la charge.

Fig. 12.—Bouette-civière o1 barreau.

B. Znstruments servant «u transpor! de l'ea ».

Les instruments et appareils appliqués à l'usage de l'eau, dans les jardins, comprennent non-seul. ment les vases propres à l’arrosage, mais encore les réservoirs et les grand; apparcils destinés à puiser, à élever et à conduire Je liquide. Le cus le plus avantageux serait celui où le jerdin serait an voisinage d’un cours d’eau, ou mieux entore traversé par un ruisseau qui ne tarirait en aucune saison, et dont l'eau pourrait 6 onduite, par un système de rigo'es ou de tuyaux, dans toutes les puties du jardin ; mais ce cas est très rare. On peut y suppléer dans Leaucoup de circonstances par l'eau des pluies,

recucillie en différents endroits et se déversant dans des barils, des bassins ou des citernes, dont les parois seraient reudues aussi impermeables que possible,

Là où l'eau des pluies ne suffirait pus à l'entretien d'une citerne d'arrosage, et elle suffit rarement, on doit recourir à un ou plusieurs puits Il peut arriver que la nappe d'enu souterraine ne soit qu'à 2 ou 3 verges de la surfnce, et alors on peut creuser une véritable citerne qui s'entretient d'ellemême, Avec une profondeur plus considérable, il yaavantage, et souvent nécessité, à recourir aux apparvils, qui sont en usage pour élever l'enu,

Les scaux, que tout le monde connaît, ne peuvent guère suflire que dans un jardin d'une médiocre étendue et où l'eau est à une fuible profondeur, On emploie, pour les faire monter, soit les manivelles dont l'axe représente celui d'un treuil et autour duquel s'enroule la corde qui soutient le seau, soit la poulie avec la corde à un ou deux seaux ; ce dernier Cas est le plus avantageux, puisque le seau vide qui descend contribue déjà à alléger le poids de celui qui monte rempli d'eau.

Les pompes sont bien plus fréquemment employées ; leur manœuvre est bien moins fatigante que Le puisement à l’aide des seaux, et surtout elles fournissent, dans un temps donné, une quantité d’eau beaucoup plus considérable ; par compensation, elles sont d’un établissement plus coûteux, et lorsqu'elles se dérangent, elles exigent pour être réparées la main de l’ouvrier qui les fabrique.

Lorsqu'on est parvenu à faire arriver l'eau à la surface du terrain, il ne reste plus qu'à l'employer ; c’est cette der-

nière partie du travail qui constitue l'arrosage proprement dit.

Suivant les lieux, suivant la plus ou moins grande quantité d'eau dont on dispose ou que demandent les plantes cultivées, on procède à l’arrosage de diverses manières, par

submersion où par irrigation. L'arrosage par submersion se fuit en couvrant d'eau toute la surface du terrain. On conçoit qu'une quantité d'eau aussi considérable que celle qui est nécessaire pour procéder ainsi ne peut être apportée sur les terres à arroser par les forces de l'homine ou des animaux ; on l'y fait arriver par des rigoles rendues aussi imperméables que possible, et qui commencent là même où l'enu est puisée par le nppareils. L'arrosage par submersion est d'ailleurs très-pen employé dans le jardinage proprement dit.

Îl n'en est pas de même de l'arrosage par irrigation, qui est général dans les pays méridionaux. L'eau, arrivée au voisinage des terres à arroser, est distribuée dans des rigoles qui courent entre les plantes, soit en lignes droites, soit en décrivant des sinuosités De cette manière les plantes eliesmêmes ne sont pas mouillées ; l'eau pnètre jusqu'à leurs racines par infiltration Ce mo le d'arrosnge exige nussi des masses d’eau qu'il serait impossible de distribuer aux plantes, si l'on y emp'oyait les arrosoirs dont on se sert générn!-ment.

L'arrosage à la main qui, en réalité est un arrosage par subinersion, se fait en distribuant méthodiquement de l'eau aux plantes à l’aide de vases faits tout exprès que l'on nomme des arrosoire. Par cette méthode, on économise beaucoup d'eau, mais c'est un surcroît de travail pour les jardiniers, dont le temps se passe, pendant les journées les plus chaudes de l'eté, à porte, de l'eau sur leurs plantes. On abrège le travail en établissant sur différents points du jardin des tonneaux ouverts par l'extrémités supérieure et enfoncés dans la terre, presque jusqu'aux bords, et dans lesquels l’eau se rend d'elle-même par des tuyaux. C'est dans ces tonneaux, distribués de distance en distance, que le jardinier va puiser l'eau pour la répandre sur les planche les plus voisines, Outre l'avantage d'abréyrer et de diminuer le travail, l'emploi des tonneaux présente encore celui de donner à l'eau de puits le temps de s'aérer et de se mettre à la tempirature de la

terre ; on y trouve aussi le moyen de distribuer aux plantes, ,

sous forme liquide, divers engrais qu'on peut délayer, en proportion varial:le, dans ces réserves d’eau.

Les urrosoirs sont en cuivre, en fer-blanc ou en zinc. Leurs formes et leur capacité varient : la plupart sont cylindrique, mais on en construit aussi qui sont aplatis sur les côtés et dont le transport + rt uiusi veydn plus commode ; "1 quant à leur volume, chacun «loi les choisi en rapport avec ses forces. Une partie essnt'cile de ous les arrosoirs | consiste en un goulot incliné, destine à ln'sser échapper l’eau | et au bout duquel s'adapte à volonté une pomme percée de petits trous pour diviser l’eau en g'rbe et la répandre, en |

Fig. 13.—Arrosoire à anse.

forme de pluie, sur une large surface à la fois. Un perfectionnement qui n'est pas à dédaigner dans la construction des arrosoirs consiste en une toile métallique appliquée devant l’orifice inférieur du goulot, et dont le but est d'arrêter au passage les corps étrangers qui, entraînés dans la pomme et obstruant les trous, nuiraient à la bonne dispersion de l’eau.

Les arrosoirs à anses (tig. 13), dont l'usage devient de plus en jlus £énéral, se distinguent en ce que l'anse unique dont ils sont munis et disposée de telle sorte que le jardinier

gerer esstéanne

peut manœuvrer son arrosoir d’une seule main, le relever ou en abaisser le goulot sans le poser à terre ; ces arrosoirs sont aplatis sur les côtés.

Arrosage. Tous les moments de la Journée ne conviennent pas également pour arroser. An printemps, quand les gelées blanches sont encore à craindre, c'est la matinée que l’on doit préférer, afin que la terre ait Je temps de se ressuÿer le jour ; en été, au contraire, on doit préférer le soir, parce que l’eau s’évapore moins vite pendant la nuit, et qu'ainsi les plantes profitent mieux de l’arrose nent.

Effets de l'eau duns l'acte de Lu régétalion. Ainsi que nous l'avons dit plus haut, l’eau est indispensable dans toute espèce de culture. Dans l'exploitation de la ferme, on est ordinairement forcé de se contenter de l’eau du ciel, et souvent la quantité de pluie qui tombe annuellement suffit pour assurer le succès des cultures ; mais il n'en est pas «le même dans l'exploitation d’un jardin potager : de tonte nécessité, il faut ici faire intervenir l’eau par des moyens artificiels,

Il y a deux raisons qui rendent l’ean nécessaire à la végétation : la première, c'est qu'elle est elle-même mn 48 principaux éléments qui entrent dans la compositio plantes ; la seconde, qu’elle sert de véhicule pour eh r dans leurs tissus les autres matérinux dont elles s'alimentesr et qui sont tous plus ou moins solubles dans ce liquide

Les eaux dont on peut disposer pour les arrosems:t + les irrigations sont de différentes espèces et caractérise. pr des propriétés particulières dont nous allons. faire co’: 4 les plus importantes.

Les eaux de pluie. Ce sont les meilleures de tout les arrosements, à cause des principes fertilisants de sont saturées dans l’atmosphère ; elles sont légères, trè dissolvent parfaitement le savon et cuisent très. légumes. On devrait donc les recueillir partout a\

en étublissunt des gouttières autour des bâtiments pour rccueillir celles qui tombent sur les toits et les conduire dans des réservoirs où on les puiserait ensuite au fur et à mesure des Lesoins du jardin. Une recommandation semblable serait faite relativement aux eaux qui tombent sur les endroits élevés ou rocailleux, et qui, n'étant pas absorbées immédiatemCht par la terre, s'écoulent sous forme de ruisseaux ; il y aurait de grands avantages à les rassembler sur quelque point du Jardin ou du domaine disposé de telle manière, qu'on pût ensuite les faire circuler partout où l2 besoin s'en ferait sentir,

Les caux de source. Trop froides pour être immédiatement cmployées aux arrosages, ces eaux contiennent presque toujours en dissolution des principes minéralogiques empiuntés aux terrains qu'elles ont traversés, et dont les uns sont favorables, les autres nuisibles à la végétation. On ne devia Cone les employer qu'avec discrétion, jusqu’à ce qu'on ait appris par l'expérience l'effet qu'elles produisent sur les végétaux,

Les eanx de puits possèdent en général les propriétés des eaux de source, dont elles exagerent encore les défauts. Ce sont donc les plus mauvaises de toutes et, malheureusement, les plus employées. . chargées de principes minéraux, surtout de carbona : . de sulfates calcaires, elles dissolvent rarement le savon et cuisent mal les légumes. Elles peuvent cependant être utilisées pour les arrosages, et beaucoup de jardiniers n’en ont pas d'autres ; mais ils ont soin, avant de s'en servir, de les exposer longtemps à l'air, pour que la chaux qu’elles contiennent en excès se précipite, qu'elles absorbent les éléments atmosphériques et prennent

une température plus convenable pour les arrosagss ; on hâte considérablement cette amélioration des eaux de puits quand on peut les battre et les agiter quelque temps.

Les eux couruntes sont celles des fleuves, des rivières et des ruisseaux. Elles ne sont autre chose que le mélange des

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eaux de milliers de sources dans un lit connin. C:s erux conviennent en général d'autant mieux à la végétation, qu'elles sont plus éloignées des points où elles sont sorties de la terre ; elles sont plus aérées, plus chaudes, et les principes minéralogiques qu’elles contiennent mieux dissimu'és par le mélange d'eaux inégalement chargées, ou chargées de principes différents.

Les eaux stugnantes sont celles qui n'ont ni courant ni mouvement sensible, telles que celles des étangs et des mares. Exposées au soleil et à tous les agents atmosphériques, elles se peuplent d'animalcules et de végé aux qui, en s’y décomposant, les corrompent et leur donnent de grandes qualités pour l’arrosage des plantes.

La quantité d'eau à donner en arrosages ne saurait être fixée par aucune règle : elle est relative au climat, à la nature du sol, à l’état de la saison et au tempérament des p'antes. Il en est de même quant à l'opportunité des arrosages ; c’est au jardinier à en juger ; la pratique et l'observation lui en apprendront plus à ect égard que tous les conseils qu'il pourrait chercher dans les livres.

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