SL REPRODUCTION NATURELLE
À. Pur graines, La roduction des graines et leur- 9 £
dissémination sont le moyen le plus universellement employé Par ln nature Pour x multiplication des plantes : c'est aussi la méthode à laquelle Je jardinier recourt dans Ja plupart des CAS pour arriver au même résultat et quelquefois pour obtenir des variétés nouvelles,
Il est très important, au Point de vue du jardinage, de n'employer Pour les semis que de bonnes £raines ; aussi a-t.on soin, dans Jes Jardins bien tenus, de réserver, Pour produire les graines, les Plantes les plus vigoureuses OÙ qui réunissent au plus haut degré les qualités qu'on veut Perpétuer. On ne doit en général récolter les graines que quand'elles ont atteint toute leur maturité, c'est-à-dire AU moment où elles vont se détacher naturellement de ]n plante mère,
Les graines récoltées doivent être tenues au sec, surtout lorsqu'il s'agit de les Conserver plusieurs mois avant de les semer, Exposées À l'humidité, elles sont sujettes à se Pourrir où à se détériorer de toute autre manière : dans ce cas elles ne sont plus Susceptibles de germer.
Il est des graines qui conservent Jeur Propriété germinative pendant un grand nombre d'années, les haricots par
exemple ; muis c'est Je plus petit nombre D'autres, au contraire, perdent cette propriété au bout d'un ou de deux ans.
Aujourd’hui que le commerce des graines à pris une grande extension, on se trouve souvent obligé de les acheter
dans beaucoup de CAS, aVantage à semer des graines qui aient été récoltées dans Un autre pays que celui qu'on habite, 1j
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faut alors s'assurer, autant que possible, que ces graines n'ont pas perdu leur faculté germinative, qu'elles ne sont pas pourries et qu'elles étaient arrivées à leur maturité au moment où on les a récoltées, chose qu'il n'est pas toujours facile de reconnaitre, même en les ouvrant pour en inspecter l'état Ju germe, Un assez bon moyen de distinguer les graines p'eines d'avec celles qui sont vides ou incompiètement formées, consiste à les mettre dans l'enu : ord nairement les mauvaises surnagent, tandis que les bonnes se precipitent au fond, en vertu de leur pesanteur spécitique plus grande que celle de l'eau.
La manière de semer les graines varie suivant leur espèce, leur conformation et leur grosseur. Il en est un grand nombre qui n'exigent aucune Préparation et qui peuvent être mises en terre dans l'état où la nature les donne ; d'autres, au contraire, celles, par exemple, qui sont aigrettées, velues où armées d'aspérités, lorsqu'elles sont tines et doivent être semées à la volée ou en rayons, se pelotonnent les unes sur les autres et amènent par suite des inégalités dans le semis, Pour éviter cet inconvénient, il faat avant de les semer, les frotter dans les mains avec du sable tin où de la cendre, ponr abattre les aigrettes et les poils. Les graines très-tines doivent être mêlées avec de la terre sèche bien tumisée, si on veut les répandre également sur le sol.
Il y a des graines qui exigent un temps considérable pour germer, comime une année ou davantage : ce sont, entre autres, les noyaux des arbres fruitiers. Pour économiser le temps. on les stratife en attendant le moment de les mettre en place, e’est-à-dire qu'or, les étend dans des vases, par lits séparés les uns des autres ct a'ternant avec des couches de terre ou de sable de 1 on 2 pouces d'épaisseur ; puis on les enterre dans une cave à 1 pied de profondeur, Ces graines passent ainsi l'hiver, et ordinairement le travail de la germination commence dès cette époque. Pour l'activer, on peut les arroser légèrement vers la fin d'avril, si le temps est
doux : puis on les re
tire dans le courant du mois de mai pour les mettre en place.
ecouvertes de quelques
briter contre la lumière que pour les recouvrir effectivement car on y emploie égale.
ment bien de la mousse brisée. Pour Jes graines plus volu. mineuses, quoique encores fines, on les recouvre de 1 pouce de terre; l'essentiel est qu’elles soient soustraites à l’action de la lum'ère, qui contrarie la germination, et que la terre ait une certaine humidité, car elles ne se développeraient pas dans un terrain complètement sec. Très-souvent il est nécessaire, après avoir semé, de plomber la terre, soit au moyen d'un rouleau, soit en Ja foulant avec une bêche, opération qui a Lien moins Pour effet de la durcir que de mettre les graines dans un Contact plus imméd
faisant disparuître les vides qui s'y sont formés par le labouruge ou le bêchage. Enfin, qu
terre ne se durcisse À Sa superficie et n’étoufte les jeunes plantes même av
ant qu'elles se soient montrées au jour, ce qui arrive assez
souvent lorsque ces terres sont trop riches en argile et qu’elles sont trop exposées aux rayons directs du soleil, on recouvre le semis d’un
Quant à Ja manière même d'exécuter les semis, elle est relative à la nature
des graines, et Par conséquent à celle des plantes qu'elles
doiveut produire. Les principales manières sont les suivantes :
Semis à lu volée, On répand les graines à la main, en les jetant devant soi le plus également possible, jusqu'à une certaine distance ; on sèine très-clair quand les plantes, pour se développer, demandent un certain espace, et souvent alors il devient encore nécessaire de les éclaircir à la main. Ce genre de semis exige une grande habitude pour être fait avec égalité,
Seinis en rayons, I] s'applique plus particulièrement aux plantes qui doivent être binées et surclées, Pour le pratiquer, on ouvre au cordeau des rayons de 1 à 2 pouces de profondeur, on y répand la graine, qu'on recouvre ensuite en rabattant la terre par-dessus,
Sernis en pochets. Il consiste à déposer les graines dans des trous creusés à des distances et à des profondeurs en rapport avec la nature des plantes, Ce n'est, à proprement parler qu'une moditication du selnis précédent,
Semnis en terrines et en pots. Ce genre de semis est surtout pratiqué dans l'horticulture ornementale pour les plantes délicates qui veulent être changées d'exposition et rentrées dans la maison où en serre pendant l'hiver, On sème en général dans des pots isolées les espèces qui craiwnent la transplantation, où qui ne peuvent ouère être tran<plantées qu'avec leur motte. Cette manière de semer demande des soins multipliés, qui ne rentrent Pas assez dans notre sujet pour que nous puissions nous y étendre ici,
Senis sur couches. Ces semis se font aussi à la volée ou en pochets ; ils s'appliquent spécialement aux plantes dont on veut hâter la germination par la chaleur artificielle, ou qu'on ne pourrait Pas, à cause de leur nature délicate, abandonner à la pleine terre. Les châssis hâtent considérablement la germination et le développement des plantes semées sur couche ; ii en est de même pour lesquelles ces appareils sont absolument nécessaires.
B. Par bourgeons, oignons, racines, tubercules, coulunts,
etc. Indépendamment de la voie des graines, beaucoup de plantes se multiplient naturellement par d'autres parties d'el'es-mêmes qui s'en détachent à une certaine époque. Le jardinage a utilisé cette disposition, qui est orlinairement plus expéditive que les semis ; mais ces divers moyens de Propagation se bornent à reproduire les variétés telles qu'elles existent, sans en fuire naître de nouvelles. Nous allons les Passer rapidement en revue.
Oignons, bulbes, bulhilles, Caieux, ‘bourgeons. Toutis ces dénominations désignent de simples modifications d'une même production, le bourgeon. Les oignons ou bulbes sont des Lourgeons souterrains qui, à une certaine époque, se développent en une nouvelle plante semblable à celle qui les a produits : tels sont ceux du lis, de Ja tulipe, du safran, de l'ail. Les caï ux ne sont eux-mêmes que des bulbes d'un plus petit volume, On nomme plus particulièrement bulbilles les petits oignons qui croissent à l'aisselle des feuilles Je certaines plantes, où au sommet de leurs tiges, à Ja place des fleurs, et qui ne sont que des l'ourgeons transformés. Tous ces Corps sont employés à reproduire les espèces qui les ont fournis. On ne doit les recueillir que quand ils se détachent, d'eux-mêmes ou que les feuilles ct les tiges des plantes mères sont desséchées. La plupart peuvent se conserver en lieu sec d'une saison à l’autre, et se plantent comme de véritables graines.
Tubercules. Chez un certain nombre de plantes, les racines, ou plus souvent des rameaux souterrains d’une nature particulière, jouissent de la propriété de se renfler et de se gorger de sucs propres à alimenter de nouvelles tiges qui s'en échappent. La pomme de terre, le topinambour, la patate, en sont des exemples bien connus. Ces tubercules se récoltent quand ils ont atteint toute leur maturité, ce qni se reconnaît au dépérissement des plantes auxquelles ils tiennent. Ils se conservent assez généralement d’une année à l’autre, et se plantent au printemps, soit entiers, soit coupés rar morceaux
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Pour qu'ils reproduisent des plantes nouvelles, il est essentiel qu'ils soient pourvus d'yeux où de Lourgeons, qui sont le germe des tiges qui en sortiront. Des fragments de tubercules dépourvus d'yeux pourriraient en terre sans rien produire.
Œilletons, r' jetons. Ce sont des jets enracinés qui sortent du collet on des racines des plantes, et qui, abandonnés à eux-mêmes, forment de nouveaux individus. On ies sépure du pied mère par éclats, pour les planter à part. Cette méthode ottre un mode de reproduction très-expéditif et fréquemment usité dans le jardinage, toutes les fois que la nature des plantes permet de l'employer, comme on en voit des exemples dans la multiplication de l’artichant, de l'asperge et de beaucoup d'autres espèces. Les coulants où stolons du fraisier, qui s'enracinent d'eux-mêmes autour du pied mère, peuvent être rapportés à ce groupe.