‹ Le potager [microforme]Chapitre 20 sur 40 · CHAPITRE TROISIÈME · texte numérisé non relu

CHAPITRE TROISIÈME

Persil, Cerfeuil, Oreille, Epinards, Bette, Oignons, Echalottes, Ciboulette, Ail, Poireaux, Asperges. —Culture de ces divers légumes.

Persil. C’est parmi les plantes potagères l'une de celles qui sont le plus employée comme assaisonnement ; aussi lui donne-t-on dans le jardin une place assez considérable. Pendant toute la belle saison, on se contente de le semer en bordure le long des planches occupées par d'autres plantes dont Ja fumure et les arrosements lui profitent; mais il est bon d'en avoir une réserve à part pour les besoins de la consommation pendant l'hiver, époque où il est très-cher et difficile à se procurer.

Les graines mettent ordinairement un mois à lever, et ne se conservent pas plus de deux an. On les sème depuis juin jusqu’en août dans une bonne terre meuble. C’est la seconde année seulement que le persil monte à graines ; mais, en coupant fréquemment ses feuilles et en lui donnant de fréquents arrosages pendant les chaleurs, on l'empêche de monter et cn le fait durer ainsi pendant plusieurs années.

On a inauguré une nouvelle méthrle de culture pour le persil, culture qui consiste dans l'emploi de grands vases ou de barils percés, sur les côtés, de trous dans lesquels on plante un nombre égal de pieds de persil Ces vases, très-hauts, et qui ont reçu le nom de persillère, se couvrent de feuilles de persil dans toute leur longueur, et peuvent aisément fonrnir l'assaisonnement nécessaire à la préparation des aliments pendant tout l'hiver ; mais il faut pour cela qu'on les tienne à l’abri de la gelée ; aussi les place-t-on ordinairement dans les cuisines, près des fenêtrees, pur qu'ils en reçoivent de la lumière. Il va sans dire que les vases doivent être remplies de terre substantielle, et qu'on doit arroser toutes les fois

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qu'il peut en être besoin. On peut aussi se servir de boîtes de 6 à 7 pouces de haut où l'on repique des p'ants de persil et où celui-ci se développe comme dans les persilières mentionnées ci-dessus.

Les principales variétés du persil sont : le persil commun, dont la principale qualité est d être très rustique ; le persil frisé ct le nuin très-frisé, variété remarquable par la beauté de ses feuilles et su lenteur à monter ; le persil à grosses rucines, dont la racine charnue est comestible ; entin le persil anglais à grandes feuilles, belle variété très-productive, qu'on emploie le plus pour la culture en persillère,

Cerfeuil. Ce que nous avons dit du persil s'applique presque de tout point au cerfeuil, avec cette différence, que ce dernier est plus rustique. On le multiplie de graines qu'on récolte dans l'année inéme du semis, et qui peuvent se conserver trois ans. On peut aussi le reproduire par séparation de pieds.

Le persil et le cerfeuil ressemblent presque à s'y méprendre, à une plante sauvag: assez commune partout, et qu'on connaît sous le nom de pwtite ciqné. Cette p'ante est un poison violent, et a souvent causé 4 accidents par les méprises auxquelles elle à donné lieu. Il ivporte done de la connaître pour l'extirper avec le plus gran! soin des semis de cerfeuil et de persil.

Useille. : C'est une plante très rustique qui demande peu de culture. On la plante presque toujours en bordure le long des sentiers ; mais, on la met aussi en planches, parce que, n'étant pas un simple assaisonnement, et étant fréquemment employée comme les épinards, il en faut toujours une certaine quantité pour fournir à la consomination, son usage est encore peu répandu chez nous.

Le choix des variétés d'oseille n’est pas indifférent ; il en est de plus acilles et de plus douces les unes que les autres. Celle que l'on cultive le plus communéinent est l'oseille de

Belleville, à feuilles plus larges et moins acides que l'oseille commune. On les sème toutes deux à la volée en planches ou en bordures, au printemps, et mieux en automne. Elles viennent duns tontes les teres, mais préfèrent un sol léger et profond, ni trop sec ni trop humide. On peut aussi les multiplier par éclat de pieds ; c'est d’ailleurs le moyen qu'on doit employer en général pour les variétés que l'on tient à conserver pures, parce qu’elles dégénèrent facilement de graines. Parmi les autres variétés, nous citerons encore l'oseille vierge, à feuilles plus blondes, plus larges et peu acides.

Épinurds. Ce sont d'excellents légumes dont les jardins devraient être plus abondamment pourvus ; il s'en fait dans les villes une grande consommation, surtout pendant les chaleurs de l'été, époque de l’année où il importe le plus à la santé que le régime se compose d'aliments rafraichissants.

On distingue deux espèces principales d'épinards, ceux à graines épaisses et ceux à graines lisses. Panini les premiers, nous citerons l'épinurd commun et l'épinard d'Angleterre, à feuilles plus larges et plus épaisses. Parmi les seconds, on distingue l'épinard rond où de Hollande ; l'épinard de F'andre, la plus belle et la plus productive de toutes les variétés ; l'épinard d'Esquermes où à feuilles de laitues, dont l'épinard Gaudry n'est qu'une légère variété : ces deux derniers sont des plantes larges, bien fournies en feuilles, et dont la culture doit être recommandée.

Quoiqu'on fasse, l'épinard n'est que de courte durée. Pour en avoir en tout temps, il faut semer tous les mois depuis mai jusqu’à la fin d'août, de 15 jours en 15 jours, en rangs espacés d'un pied, dans une terre ameublie, fumée et arrosée, ou tout au moins humide. On choisit une situation ombragée pour le semis d'été.

Tetragoniu. Cette variété remplace l'épinard ordinaire dans les mois les plus chauds de l'été ou dans les localités sèches ou arides où l'épinard réussit mal ; on la sème en place

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au mois de mai, sur couche ou en pleine terre et elle continue à produire pendant tout l'été sans réclamer aucun soin.

Bette-poirée. C'est une variété de ln bette-rave, dont les feuilles sont assez fréquemment employées pour corriger l'acidité de l'oseille : on n'en fait, toutefois, qu'une faible consommation. Il n'en est pas de même de In poirée à cardes, qui, indépendaminent de ses feuilles, qu'on peut employer aux mémes usages, fournit des côtes larges et tendres, excellentes à consommer à la manière des asperges, C'est une plante dont la culture devrait êtr plus répandue. On la sème à In tin de mai. Elle ne demande d'autres soins que d'être éclaireie, afin que les feuilles aient l'espace nécessaire, et arrosée toutes les fois qu'il en est besoin,

OIGNOXS. — Les oignons sont un des produits les plus importants du jardin potager : leur culture, qui remonte à l'antiquité la plus reculée, a fait naître un trèsgrand nombre de races et de variétés.

Les plus répandues sont:lebrun d’Australie. (Fig. 23).

Ce nouvel oignon est de bonne grandeur, un peu plus épais que le Wethersfield, à chair solide et pesante et de très belle apparence pour le marché, Très précoce, il mûrit parfaitement bien deux semaines avant le rouge de Wetherstield Grâce à sa pesanteur et sa solidité, il se garde plus longtemps que n'importe quelle variété. La couleur de la pelure est d'un brun ambré très clair.

Fig. 23.—Oignon brun d'Australie.

Le CANADIEN — (Fig. 24). Rouge, plat, extra hâtif : grandeur moyenne, excellente qualité, mûrissant rapidement et parfaitement, se gardant bien.

Il est recommandé pour les endroits où le Wethersfield ne vient pas facilement à maturité.

JauxE pe DANvERs. — Le véritable Danvers est un bel oignon : très épais, de bonne

grosseur, à chair blanche, à pelure mince d'nn jaune clair :

Fig. 24.—Oignon Canadien.

fort populaire, dans l'ouest du Canada.

\VETHERSFIELD.— La meilleure variété pour notre pays et la plus productive : bulbe grand, gros, épais : chair blanche légèrement teinté de violet ; pelure d’un ronge- violet foncé : saveur forte.

L'oIGNON À MARINADE.—beaucoup plus petit que les autres, n'est pas d'une moins grande utilité dans le ménage. La culture est ln même que celle des autres espèces. Toutefois, en raison de ses dimensions on éclaireit moins. (Fig. 25).

A part un très-petit nombre de variétés, telle que l'oignon bulbifère et l'oignon patate, que l'on multiplie au moyen des caïeux ou des petites bulbes qu'ils produisent, toutes les autres races se reproduisent de graines, et, à proprement parler, les semis sont le seul moyen de multiplication usité dans les jardins.

Fig. 25. -Oignon à marinade.

Le sol distiné à rece: oir les semis d’o gnons doit être

bien labouré, et surtout débarrassé soigneusement des pierres et des racines qui peuvent s'y rencontrer. Il faut noter que, si la terre doit être ameublie avant le semis, elle doit cependant, pour le genre de culture qui nous occupe, offrir une certaine solidité ; aussi a-t-on soin de ln laisser se tasser pendant une huitaine de jours. On a aussi remarqué que l'oignon réussit d'autant mieux qu'il est cultivé sur le même terrain pendant plusieurs années. Que'ques jardiniers fument immédiatement avant de semer, d'autres pensent qu'il vaut mieux que la terre ait déjà produit une récolte sur la fumure avant de recevoir la graine d'oignon. Le semis se fait à la volée, plus où moins serre, selon que l'oignon doit être con- Soiminé jeune dans le courant de l'année, où que l'on veut lui laisser atteindre toute sa &iosseur ; dans ce dernier cas, il faudrait faire des éclaircies SUCCESSIVes à mesure que les jeunes oignons se présentent bons pour lu consommation.

On est dans l'usage, aussitôt que la graine a été répandue sur les planches, de fouler la terre sous les pieds ou de la presser sous un rouleau: cette opération a pour but de mettre le plus possible la giaine en cont.ct avec la terre. Sans cette precaution, elle lèverait tiès-inécalement, une bonne prutie méme ne Jèverait pas du tout : on achève de In recouvrir en nivelant le sol au râteau,

Malgré toutes les précautions que l’on prend en faisant des semis d'oignons, la levée du plant est toujours plus ou moins irrégulière, et on est forcé d'éclaireir au moins une fois. quelle que soit la destination du plant. Pour parer à cet inconvénient, on a imaginé, dans ces dernières années, de semer la graine tellement serrée, qu'il est impossible aux bulbes de se développer ; devenus gros comme des pois, ils cessent de croître, et, lorsqu'ils ont atteint une sorte de maturité, on les arrache et on les conserve au sec, pour être plantés l’année suivante en rayons, à 5 ou 6 pouces de dis. tance en tous sens, selon la grosseur des espèces. Traités de

cette manière, les oignons donnent des récoltes plus a' onduntes et plus assurées que les semis ordinaires.

Dans notre pays, il arrive fréquemment que les fraicheurs de l'automne, et même les premiers froids, surprennent les oignons encore verts et en pleine végétation. Si on les récoltait dans cet état, il serait impossible de les conserver l'hiver. On hâte artificiellement leur mâturité en tordant les feuilles à la main, ou en les couchant au moyen d'un rouleau léger, d'une barrique vide, par exemple, que l'on fait rouler sur la planche. L'oignon mur et arraché, on le laisse quelques jours sur le terrain, puis on le rentre par un temps S°c:

EcHaLoTE. On În multiplie par la plantation de ses bulbes. Il faut une bonne terre douce et gine, fumée de l'année précédente, l'échalote craignant la fumure fraîche, de même que la terre trop humide. On plante en planche, presque à fleur de terre, à 3 pouces de distance et en rangs espacés de 15 pouces, en mai et aussi en août pour avoir de nouvelles échalotes dès ja disparition des neiges au printemps. De juillet à noût, lorsque la feuille est éteinte, on les arrache, et après les avoir laissées sécher quelques jours sur le terrain, on les met à l'abri de l'humidité. Elles doivent être tenues pendant l'hiver au sec et à l'abri du froid.

ÉcHALOTE DE JERSEY. U'est une variété ou espèce nouvelle fort distincte de l'Échalote ordinaire par plusieurs caractères, notamment par Ja couleur très glauque de ses feuilles ou tuyaux. Elle est plus précoce, ce qui lui donne un mérite réel, mais elle se conserve plus difficilement. Su culture est la même que celle de l'espèce ordinaire. L'Écha- Jote de Jersey est la seule qui donne ordinairement des graines, Celles-ci, semées au printemps, produisent dans la mêne année des bulbes de bonne grosseur.

GROSSE ÉCHALOTE D'ALENÇON: Autre variété, qui ressemble à la précédente par 5e$ feuilles, mais dont les bulbes, plus lents à se faire, acquièrent beanconp plus de volume ;

c'est la plus grosse que nous copnaissions, et aussi la plus prompte À pousser.

Ciboulctte. C'est une plante vivace qui sert pour les assaisounements. On la multiplie de graines qui demaudent de préférence une terre légère et Lien préparée. On replante en général deux pieds côte à côte pour former des toutfes qui doivent se trouver à 1 pied et demi de distance. On les Coupe aussi souvent que le besoin s'en fait sentir et à l’aide d'arrosages on peut facilement maintenir les toutfes en pleine vitalité,

Al. L'ail est une plante cultivée pour ses bulbes appelées aussi gousses dont l'odeur et la saveur sont fortes L'ail ne sert que pour l'assuisonnement

On plante les bulbes en juin en planche ou mieux en bordures à 1 pied de distance,

Lorsque les tiges ont plus d'un pied, on fait un nœud avec les feuilles et la tige pour arrêter la végétation au profit bulbes.

Lorsque les fanes sont desséchées on arrache l'ail qu'on laisse quelque temps se sécher au soleil puis on le lie par bottes et on le suspend dans un endroit sec.

L'ail aime une terre un peu forte, mais cependant peu humide. Le fumier de cheval lui convient mieux que tout autre.

Poireuu. Le poireau, comme légume, n'a pas la même importance que l'oignon, et cependant la consomination ne saurait <.n passer, Il est bisannuel, c'est-à-dire qu’il ne donne ses fraines ue la seconde année du semis ; Pour obtenir des graises, :! faut planter au printemps des poireaux de l’année précédente.

Le: vrincin»!+; zariétés sont :

Le ÿreuu lus, ndinaire, qui est propre au semis de pleine terre ;

Le gros ourt le Rouen, à racine moins longu»: et plus grosse.

LE JAUNE DU POITOU. Comme son nom l'indique cette variété est originaire de la France. C: poireau avec une Lonne culture ordinaire atteint une grosseur de deux à trois

pouces”de diamètre, pendant que sa hauteur totale ne dépasse

par un pied. Les feuilles sont longues, très larges et molles.

La couleur en est {ranchement distincte: c'est un vert

blond presque jaunâtre.

Le poireau jaune du Poitou est précoce et grossit rapidement ce qui le rend très profitable pour la vente d'été ou d'automne. En qualité, il n'a pas de supérieur.

Fig. 26. — Poirenu gros court de Rouen.

LE CARENTAN. Variété française supérieur au £ Très gros, court, il est de qualité supérieur :

Rouen.

semer le poireau en couches,

vient très-bien à ceux qui veulent le planter en place et lui denner une culture soignée. (Fig: 26).

Le poireau den ande ure terre cubstantielle’et, autant

ros de il con-

que possible, fumée dans l'automne qui précède l'année du semis, 1! craint le fumier d'étable, mais s'accoimmode bien de celui d'écurie, ainsi que de la cendre de bois et des détritus de végétaux. La terre ayant été ameublie, on le sème À partir du 20 «le mai, soit en lignes, soit en pépinière. Lorsque le plant a atteint la grosseur d'une plume à écrire, on Île repique, autant que possible, par un temps pluvieux ou couvert, en lignes et en planches à 5 pouces en tout sens, et après avoir coupé l'extrémité des feuilles et des racines. Pendant l'été on sarcle et on arrose souvent, surtout dans les temps secs. En retranchant trois ou quatre fois le bout des feuilles, on fait grossir la tige, du moins à ce que prétendent les jardiniers. On réco'te successivement à mesure que Îles tiges arrivent à une grosseur suffisante. Les poireaux de l'arrière-saison peuvent être conservés dans la cave comme la plupart des autres légumes, pour les besoins de la consommation, La graine de poireau ne se conserve pas au delà de deux ans.

Asperges. L'asperge est un des meilleurs légumes de nos jardins, un des légumes dont les produits sont le plus assurés et qu'on a le plus de chance de vendre avec profit, si on se trouve à portée de quelque grande ville ; aussi aurait-on lieu de s'étonner du peu d'espace qu'elle vecupe ordinairement dans les jurdins potagers, sion ne savait que sa culture exige des avances considérables, et dans lesquelles on ne rentre qu'au bout de quatre ou de cinq ans

Deux méthodes sont en usage pour la formation des planches d'asperges : les semis et la plantation des griffes. On nomme griffe ou patte une sorte de racines charnues et ramifiées, qui végètent sous terre et d'où sortent, tous les ans, les tiges: ces griffes se renouvellent aussi chaque année ; les vieilles se détruisent, et, à leur place, il s’en forme des nouvelles qui perpétuent en quelque sorte indéfiniment la végétation de l’asperge ; néanmoins, au bout d’un certain nombre d'années, plus ou moins, selon le sol et le genre d'exploitation le plant s'affaillit, il devient de moins en moins productif, et

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02 se trouve alors obligé de le renouveler par le semis ou par la plantation de nouvelles griffes.

Les semis se font de deux manières : 1° en pince, ce qui serait avantageux sous bien des rapports, s'il ne fallait pas atter.dre deux ans pour voir le terrain occupé donner quelques produits ; aussi cette pratique est-elle peu usitéc ; 2° en pépinière, où on laisse le jeune plant se fortifier pendant deux ans ; il serait mieux, cependant, de le mettre en place à sa première année, si on ne tenait pas à faire encore d'autres

récoltes sur le terrain qu’on destine à être planté en asperges.

Les semis en pépinière se font au printemps et en été, sur une planche de terre légère, sablonneuse, si on le peut, mais très-saine et bien préparée. Si la terre est sujette à durcir, on fait un léger terrenütage ; en cas de sécheresse, on arrose, soit avant, soit après le semis, et on tient la pépinière nette de mauvaises herbes au moyen de légers sarclages.

‘On traces des rayons à 10 pouces de distance et à un bon pouce de profondeur ; on sème bien clair, parce que les racines étant toujours entrelacées, on les arrache Gifficilement, en outre les griffes seraient moins fortes. Après le semis on recouvre le terrain d’une légère couche de terreau.

Le jeune plant est levé au bout de 40 jours environ et il est bon à être mis en place l’année suivante.

PLANTATION DES ASPERGES. — L'opération la plus importante dans la culture des asperges est la plantation à demeure, sur les planches ou carrés. Les procédés varient suivant la nature du terrain. Tout sol fertile, "à moins qu'il ne renferme une grande quantité de pierres et de cailloux, est propre à cette culture ; les terres fortes elles-mêmes ne font pas exception, malgré la prévention que l'on a généralement contre el'es ; il suffit de les ameublir et de les mélanger avec une forte proportion de terreau. En général, le terrain qu’on destine à recevoir une plantation d'asperges doit être labouré profondément, On le défonce, en automne, à ia pro-

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fondeur de 20 ou 25 pouces ; on enlève toute la terre pour la passer à la claie, dans le cas où elle contient une certaine quantité de pierres ; mais cette opération de criblage n'est pas nécessaire quand le sol est très doux et qu'on peut enlever à la main pendant le défoncement, le peu de pierres qui s'y trouvent. Ce qui est surtout nécessaire et nous insistons snt ce point, c'est que le terrain ne renferme pas d'humidité stagnante ; s’il est naturellement très-sain et situé sous un climat peu sujet à un excès d'humidité,

on peut se dispenser de le

Fig. 27.—Asperges.

drainer ; dans le cas contraire, un bon drainage e.£ la première condition à rem-

plir. (Fig. 27).

Ce drainage, d’ailleurs, est peu compliqué ; il consiste à étendre sur le fond des fosses préalablement bien égalisé un lit de gravier ou de cendres de charbon mêlé de feuilles d'arbres, de bruyères, etc., sur une épaisseur de 2 pouces. Pardessus ce L:t,on en étend un autre de bon fumier d’écurie à demi consommé, épais de 1 pied, et fortement comprimé. C’est sur ce deuxième lit qu'on étend la couche de terre criblée qui doit recevoir les plants on les semis, si on a préféré ne pas faire de pépinière ; elle doit avoir 4 à 5 pouces d'épaisseur. L'excédant de la terre enlevée des fosses et qui n’a pu être employé, reste en ados des deux côtés de la planche, et sert à recharger le plant, les années suivantes, à mesure qu'il prend de la force

et que ses racines se rapprochent davantage de la surface du terrain.

Mais on ne cultive pas partout les asperges de cette manière ; souvent on se dispense d'une partie des soins que nous venons d'indiquer ; ainsi, dans certaines localités où la terre est très-saine et naturellement égouttée par la structure même du sous-sol, ou pour toute autre raison, on se contente de creuser des tranchées de 8 à 10 pouces, dont on amende le fond en y enterrant du fumier à la bêche ; en d’autres lieux, on ne se donne même plus la peine d’enterrer du fumier ; on se borne à labourer profondément et à donner une bonne fumure, après quoi on plante les asperges À plat ; enfin on voit dans d'autres circonstances, des planches plus élevées que les sentiers ; ceux-ci étant creusés tout exprès pour soutirer l'excès d'humidité quiise trouve dans le sol.

La disposition et l'espacement des plants d'asperges ne varient pas moins que la confection même des fosses ou planches. Celles-ci ne doivent pas avoir plus de 1} verge de large, afin qu'on puisse toujours atteindre le milieu sans y poser Île pied, circonstance essentielle pour le temps où on récolte les produits. Mais il est des cultivateurs qui préfèrent ne pas diviser le terrain en planches, et planter des carrés tout d’une pièce ; ils économisent, de cette manière, la terre qui aurait servi à l’établissement des sentiers : mais ils sont exposés à perdre une certaine quantité d’asperges écrasées au moment de la récolte sous les pieds des personnes chargées de faire la cueillette.

Dans tous les cas, le plant d'asperge est mis en lignes, de telle sorte qu'il y ait au moins 30 pouces d'intervalles dans tous les sens entre les griffes.

La plantation des griffes ou pattes d'asperges se fait ordinairement à la fin de mai ; il faut les enlever avec précau-

tion de la pépinière, pour ne pas rompre leurs racines, qui

sont très-cassantes, et avoir soin de les laisser à l'air le moins possible. Le cordeau étant placé ou les lignes tractes, on marque sur la longueur de celles-ci, à la distance arrêtée, la place que chaque plant doit occuper par un petit monticule de terre de quelques pouces de hauteur, puis on pose la griffe sur ce monticule, en Arrangeant ses racines avec soin le long de ses flancs, et on ja recouvre de 2 à 3 pouces de terre, La plantation faite, le mieux est de terreauter chaque planche, Les soins ultérieurs consistent à arroser au besoin, biner et sarcler pour détruire les mauvaises herbes. Vers la mi-octobre OR Coupe et on enlève les tiges sèches. On continue les mêmes soins chaque année. A ]n troisième pousse, si on a opéré sur des plants d’un an, on peut déjà cueillir des asperges ; inais il vaut mieux attendre encore l'année suivante, et alors la plantation, ayant acquis toute sa force, sera en plein produit, A partir de ce moment, il ne faut plus que des binages, des sarclages et des arrosements en été ; au printemps et en automne, on donne un léger labour à la fourche, mais tou

jours avec le soin de ne Pas arriver aux racines, et on rechirge, une fois par an, de 2 0° 3 pouces de terre. (I faut avoir scin de ne jamais laisser l s racines découvertes).

L'asperge étant une plante très vivace et l'abondance des produits étant toujours proportionnée à la quantité d'engrais qu'on leur donne, il faut chaque année fumer le terrain ; les engrais solides doivent être distribués en automne et les engrais liquides au printemps. L'usage du sel est très recommandable, il donne à l'asperge une saveur toute particulière : on le fait dissoudre dans l'eau et on arrose, Il est très utile de marquer par un piquet l'endroit de chaque plant. Cette précaution permet de travaiiler plus aisément la terre sans danger

Conduite de cette manière, une plantation d'aspergus se maintient en bon état perdant une quinzaine d'années, plus Ou moins, suivant la qualité du terrain ct l'aménagement du plant.

Si, au lieu de planter les asperges comme nous venons de le d , on préfé.ait faire un semis en pluce, la préparation du sol serait toujours celle que nous avons indiquée ; mais, au lieu de faire de petites buttes aux points que le plant doit

occuper, on creuserait de petites fossettes à 39 pouces de distance en tous sens et dans lesquelles on déposerait, à 1 pouce l'une de l'autre, trois où quatre graines, que l'on couvrirait de terreau. Après la levée, quand le plant serait bien assuré, on choisirait, à chaque place, le pied le plus beau pour le laisser, et on retrancherait les eutres. Les soins À continuer sont d'ailleurs les mêmes ; seulement il faudrait attendre une année de plus pour récolter les produits.

Tout ce que nous avons dit jusqu'ici se rapporte à la culture naturelle des asperges: mais on peut aussi les forcer, comme les autres légumes, au moyen de couches et de châssis. Les asperges de primeur donnent un grand bénéfice quand on est à portée d'une grande ville où on est assuré de les vendre. Mais ce genre de culture épuise en très-peu de temps les griffes d'asperges, et, dans les cas ordinaires, on ne doit livrer à la culture forcée que les asperges de planches ou de carrés qu'on se trouve obligé de sacrifier.

RÉCOLTE DE L'ASPERGE.— La récolte se fait journellement, même deux fois par jour, au fur et à mesure qu’elles atteignent 6 à 7 pouces de hauteur; on doit récolter les asperges sans endommager les griffes et sans détruire les autres ,eunes tiges qui ne sont pas encore arrivées à la surface du sol. Pour atteindre ce résultat, on défait la butte atin de découvrir la tige jusqu'à son insertion ; on la détache ou on la coupe avec un petit couteau ; de cette façon on récolte l’asperge dans toute sa longueur sans abimer les autres ; cette opération étant faite, on rétablit la butte à la main.

Quand on se propose de récolter soi-même ln graine destinée à faire des semis, on réserve les asperges les plus

belles et les mieux fournies parmi celles qui sortent de terre les premières. Comme les pieds sont dioïques, c'est-à-dire mâles ou femelles, et que rien ne fait Connaître d'avance cette différence, il est Lon d'en laisser plutôt plus que moins Pour ne pas s'exposer à n'avoir que des mâles, qui ne donneraicnt pas de graines. Les baies ( sorte de petits pois) se récoltent en novembre où à la fin d'octobre. On les fait tremper douze ou quinze jours dans de l'eau, pour que leur pulpe se détache des graines, puis ot, lave relles-ci et on les laisse sécher dans un lieu bien aéré ; elles conservent Ja faculté de germer pendant plusieurs années. Toutefois nous ne conseillons pas la récolte de graines. Il est préférable de les acheter chez les grainetiers.

L'asperge n'a donné jusqu'ici qu’un petit nombre de variétés, Comparativement, du moins, avec d’autres lécumes, On en distingue deux principales : l'asperge d'Argenteuil et la colossale de Canover. La première est la plus répandue et celle qui exige le moins de soins de culture ; elle est tout aussi bonne, mais un peu moins volumineuse que l'aatre, 1] est bon aussi de signaler la Columbia White qui est de qualité supérieure,

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