‹ Le potager [microforme]Chapitre 4 sur 40 · DU CHOIX DU SOL · texte numérisé non relu

DU CHOIX DU SOL

En jardinage, comme en agriculture, la nature du sol doit être mise en première ligne de compte ; car, quelles que soient les plantes que l'on cultive, quelle que soit la méthode que l’on emploie, une bonne terre donnera toujours des produits plus abondants, sinon toujours meilleurs, qu’une mauvaise. Dans l’une et l'autre de ces industries, une terre profonde, riche en humus, perméable à l’air et à l’eau et facile à remuer, sera toujours préférable à un sol tenace, ou peu profond, ou trop léger. Mais on ne trouve pas toujours de ces terres de choix qui pour produire ne demandent pour ainsi dire, qu'à être semées ou plantées. Le plus souvent, la terre pèche par quelque endroit : tantôt, trop argileuse et trop

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compacte, elle étouffe les plantes en ne permettant pas à l'air d'arriver à leurs racines, ou bien elle arrête l’eau des pluies et des arrosages et devient, comme on dit, pourrissante ; tantôt, au contraire, elle contient une trop forte proportion de sable siliceux, et, outre l'infécondité qui en résulte, sa légèreté fait qu'elle se dessèche au moindre rayon de soleil et qu'elle ne retient pas les engrais. D'autres fois encore, c'est un sous-sol imperméable qui la stérilise ; enfin il peüt arriver que la terre ne présente pas la constitution mninéralogique qu’elle doit avoir pour fournir aux plantes les matériaux qui entrent dans leur composition. Dans tous ces cas, les procédés en usage pour remédier à ces inconvénients sont les mêmes pour l'agriculture et le jardinage,

Ce n’est pas tout que d’amender les terres défectueuses ; quelles qu’elles soient, bonnes ou mauvaises, elles s'épuisent par le fait même des récoltes qu'on leur fait rendre, et il faut perpétuellement leur restituer par les engrais les principes de fertilité qu’elles ont perdus. La fumure du sol n’est pas moins nécessaire dans les jardins que dans la ferme; on pourrait même dire qu’elle l’est à un plus haut degré, puisque, dans un temps donné, et sur une égale étendue de terre, on demande beaucoup plus au jardin qu’à la ferme.

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