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CHAPITRE DEUXIÈME

Du jardin potager et des principales conditions de son établissement, — Son emplacement au voisinage de l'habitation ; Son étendue, son exposition, — Effets des différentes expositions : pente du terrain, ses avantages rt ses inconvénients. — Abris contre les vents. — Clôtures ; haies sèches, haies vives, — Nécessité de l'eau dans un jardin potager ; moyens de se la procurer.

Le jardin potager, est, de tous, celui qui fournit les produits le plus directement utiles. Sans exagérer son importance, on peut dire qu’il est le complément obligé de toute exploita-

tion rurale ; c'est À lui que va être exclusivement consacré le cours de ces leçons.

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Emplacement. Sa place naturelle est dans le voisinage immédiat des habitations, soit parce que, devant fournir continuellement au ménage des objets de consommation, il est essentiel qu'on ait ceux-ci sous la main à chaque instant du jour ; soit parce que les travaux particuliers qu'il exige peuvent être par là plus facilement exécutés ; soit enfin parce que ses produits, fruits et légumes, sont ainsi moins exposés aux déprédations des maraudeurs ou des animaux domestiques.

Etendue. Son étendue doit être proportionnée aux besoins du ménage ; on calculera donc la surface à mettre en jardin sur la quantité de légumes que la maison pourra consommer ; souvent même les gros légumes pourront étre cultivés au dehors, ce qui restreindra d'autant la surface du potager. Une grande étendue de jardin est toujours onéreuse : une faible étendue, en bonne terre et bien entretenue, sera souvent plus productive qu'un vaste jardin en sol médiocre et mal cultivé. Sans fixer les limites précises, on peut dire qu'en général l'étendue d'un jardin potager varie de un demi arpent et moins, suivant le nombre des personnes qui composent le ménage, et aussi suivant que les conditions dont on dispose sont plus ou moins favorables.

Exposition. L'exposition d’un jardin potager, et surtout d'un potager-fruitier, est importante à con-idérer, car elle influe puissamment sur le succès des opérations, Elle varie d'ailleurs suivant les climats et les lieux, et on doit savoir profiter des circonstances pour faire qu'elle soit la meilleure possible,

La meilleure de toutes serait celle qui, favorisant la croissance du plus grand nombre de plantes, mettrait encore ces dernières À l'abri des excès de température propres à la localité, ou des vents dominants dans la contrée. C'est l'exposition au midi qui approche le plus de ces conditions dans notre pays où la végétation doit être rapide et où les vents du nord-est sont à redouter.

La pente du terrain s'allie avec l'exposition et se confond jusqu'à un certain point avec elle. Une légère pente avec une bonne expo-ition est une condition avantageuse : elle facilite d'ailleurs l'arrosement et l'évacuation des eaux nuisibles. Il en serait antrement d'une pente trop prononcée, surtout si elle se joignait à une exposition défavorable.

Abris. Dans tous les cas, il est indispensable que l'industrie de l'homme vienne en aide à la nature, en corrigeant, autant que possible, par des abris artificiels, les vices propres à chaque exposition. Ces abris sont en général des clôtures qui défendent le jardin contre les incursions des animaux, et servent en outre à favoriser certaines cultures. On y ajoute souvent des rideaux d'arbres verts, qui, par l'épaisseur de leur feuillage, sont très propres à opposer une barrière aux vents.

Clütures. Les clôtures des jardins sont ou des murs ou des haies. Ces dernières coûtent moins à établir que les murs, mais elles offrent de grands inconvénients. D'abord les haies sèches durent très-peu de temps, et il faut les renouveler tous les quatre à cinq ans, et quelquefois plus souvent ; ensuite, si elles sont un obstacle pour les animaux domestiques, elles n'arrètent pas les animaux rongeurs. Les haies vives durent en quelque sorte indéfiniment, mais elles sont lentes à se former, occupent toujours beaucoup de place, demandent des soins d'entretien et n'abritent aussi que fort incomplètement, car elles ne tardent pas à se dégarnir du bas et à laisser un facile passage aux animaux dévastateurs. D'un autre côté, ieurs racines empiètent sur le sol du jardin et nuisent beaucoup à la culture.

Les murs muçonnés, en terre, pierre ou brique et bien crépis, sont la clôture par excellence des jardins. Ils coûtent sans doute plus cher que les haies, mais cet inconvénient est bientôt compensé par les récoltes de fruits auxquelles ils donnent lieu, sans parler même de leurs autres avantages, qui sont la longue durée, l'abri parfait contre les vents domi-

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nants, et leur complète innocuité pour les plantes cultivées dans leur voisinage.

On donne communément de 2 à 3 verges de hauteur aux murs d'un jardin, mais cette règle n'a rien d’absolu. S'il s'agissait d’un jardin étroit et de peu d'étendue, et surtont si ce jardi” était en furme da carré long, des murs de cette hauteur y projetteraient trop d'ombre ; il ne faut pas d’ailleurs leur donner la même hauteur dans toute la périphérie du jardin : les plus élevés doivent être au nord ou du côté qui fait face aux vents dominants ; sur les autres points ils doivent être plus bas, particulièrement celui du midi on les points de l'horizon qui en sont le plus rapprochés. Il suffit qu'il s'élève à hauteur d'appui, et même on peut le remplacer par une simple haie vive. Cette disposition a pour but de laisser arriver dans l'enclos le plus de soleil possible,

Arrosages. Un élément de première nécessité dans un jardin potager, nous dirions presqne dans toute espèce de jardins, c’est l’eru, sans laquelle il n'y aurait pas d'arrosage possible, partant, pas de légumes. Avant d'établir quelque part un potager, on devra donc s'assurer qu'on n'y manquera d'eau n aucune saison. S il n’en existe pas dans le voisinage, il faudra au moins avoir un puits qui, sans être trop profond, ne soit pas sujet à tarir. Autant que possible, ce puits devrait être creusé dans la partie la plus élevée du terrain, car cette disposition, en permettant de faire écouler l'eau par des tuyaux de conduite vers les parties plus déclives, si le jardin est d'une grande étendue, facilitera considérablement les arrosages. Pour puiser l'eau, on se sert ordinairement d'une pompe à main ou à défaut, d’un seau. Nous reviendrons un peu plus loin sur l’importante question des arrosages, en parlant avec détail des divers ustensiles et appareils qui servent à les effectuer.

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