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CHAPITRE TROISIÈME

Principales variétés de terrains, — Division du terrain en couche arable et en

#OU8-801, — Humns ; ses propriétés, — Procédés par lesquels on corrige les défauts des terres et on remédie à l:ur épuisement, — Aniendements et engrais ; leurs définitions ; leurs caractères particuliers, —- Examen des substances qui sont le plus souvent employées comme amendement et comme engrais,

C'est du sol que les végétaux tirent, sinon la totalité, du moins la majeure partie des élements qui entrent dans leur Compo-ition ; cette simple observation suffit pour établir son importa ice au point de vue de la culture,

La composition du sol est excessivement variable : même sur l'espace étroit d'un jardin, on trouve souvent les plus grandes différences d'un point à un autre, et ce n'est pas seulement sur Ja quantité ‘es produits que ces diverses modifications exercent leur influence, c'est aussi sur leurs qualités. Autant Ja culture est prospère et facile sur un bon sol, autant elle est difficile et ingrate sur un mauvais ; dans ce dernier

Cas, on cherche autant que possible à en corriger les défauts Par les amendements.

Mais ce n’est pas tout que de remédier à l’imperfection des mauvais terrains ; les meilleurs s'épuisent promptement par le fait même de la culture, et ce résultat est facile à com- Prendre, puisque les végétaux formant leurs organes au moyen des substances qu'ils pompent dans le sol par leurs racines, lx somme des éléments de fertilité diminue nécessoirement à chaque récolte, Les fruits, les racines et les feuilles que nous enlevons de la surface d'un chan:p ne sont, en réalité que les matériaux ; :iinitivement contenus dans le sol, condensés et transformés par la force vitale des plantes : il arrive done un moment où la terre ne peut plus rien fournir à la végétation, C'est par les engrais qu'en obvie à cet appauvrissement ; ils ont pour effet de restituer au fur et à mesure à ln tarre ce que nous prélevons sur elle en produits de toute nature. On voit déjà, par le peu que nous venons de dire,

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que le Lon aménagement des engrais cst un des points les plus essentiels de l'industrie agricole, sur quelque proportion qu'elle s'exerce, dans le jardin et dans la ferme.

Couche arable, sous-sol ; humnus. Le sol peut être considéré comme formé de deux couches superposées, l'une superficieile, qui est le sol arable ; l'autre profonde qui est Je sous-sol: toutes les deux jouent un rôle important en agriculture,

La couche arable est toute cette épaisseur de terrain dans laquelle plongent ies racines des végétaux, et qui fournit à ces derniers les matériaux qui servent à les alimenter : c'est elle aussi que remuent les divers instruments de labour dans les façons qu'on donne à la terre. Sa couleur est généralement plus foncée que celle du sous-sol, ce qu'elle doit a la présence de l’humus ou terre végetale dont elle est imprégnée, Cette derniè-e set d'origine organique ; elle provient de détritus de végétaux et d'animaux plus où moins décomposés ; c'est généralement la partie Ju plus riche du sol, et les récoltes sont d'autant plus abondantes, que le sol arable et le terreau végétal ont plus d'épaisseur.

Le sous-sol commence au point extrême que peuvent atteindre les racines des plantes cultivées ; il n’a pour ainsi dire aucune limite en profondeur, il n'est pas toujours nettement distinct, par sa couleur et sa compositicn, de la couche arable qui lui est superposée. Quoique fournissant peu à l'alimentation des végétaux, il n’en exerce pas moins une grande influence sur la culture, suivant sa perméabilité plus ou moins grande aux eaux de pluie et aux arrosages. C'est une condition toujours défavorabie que le sous-sol ne laisse pas un écoulement facile à l'eau, et cet état de choses s'aggrave si la couche arable a peu d'épaisseur. On remédie jusqu’à un certain point à cet inconvénient en pratiquant, de distance en distance, des rigoles d'écoulement pour les eaux surabondautes, opération qui, en agriculture, a reçu le nom

de drainage, et qui se pratique de diverses manières par des rigoles à ciel ouvert ou par des tuyaux que l'on enterre.

Engrais et amendements. Amender, modifier le sol, c'est, en rorriger la nature minéralogique pour lui donner les qualités méenniques qui Ini manquent, telles qu'un certain degré de légèreté ou de ténacité, une nerméabilité plus grande à l'air et à l'eau des arrosements ou des pluies; l'enrichir, l'engraisser, c'est y apporter de nouvenux éléments de fertilité, lui fournir les matériaux organiques ou inorganiques qui servent à la composition des plantes, Nous allons résumer en quelques lignes les principaux agents d'amélioration ou d'engraissement des terres qui peuvent trouver leur emploi dans un jardin.

AMENDEMENTS. Il n'y a pas de limite exactement tranchée eutre les amendements et les engrais. Ni certains amendements n'agissent que mécaniquement sur le sol, il en est d’autres, tels que les cendres, la charrée, la suie, le plâtre, etc., qui, tout en modifiant la consistance du terrain, lui commuriquent des principes de fertilité analogues à ceux que fournissent les engrais proprement tits, c'est-à-dire des substances qui sont absorbées par les végétaux et qui servent directement à leur nutrition. Les principaux amendements sont les suivants :

«. Terres rapportées. Les terres elles-mêmes jouent souvent le rôle d'ainendement, soit qu'on en transporte une de bonne qualité sur un mauvais sol, soit qu'on en mélange de qualités diverses pour les corriger l’une par l’autre. Les déblais et remblais qu'on est souvent obligé d'exécuter sur la ferme ou inême sur l’espace plus circonserit qu’on destine au jardin, peuvent donner lieu à une amélioration de cette noture. Une veine de sable, par exemple, servira à diminuer la ténacité d'un sol trop argileux ; des terres fortes, au contraire, seront employées à diminuer la trop grande porosité d'une terre sablonneuse et sans consistance,

b. Chaux. La chaux est employée avec un grand avantage pour corriger les terres nrgileuses et froides, La quantité qu'il convient d'en employe* par nipent varie necessairement suivant l'état où se trouve déjà la terre à amender. Le chaulage est une opération sur iaquelle l'expérience seule peut renseigner convenablement.

ce. Piätrus et décombres. U:ux-ci sont au contraire fréquemuient employés en jardinoge, à cause des principes salins qu'ils contiennent générulement Ils conviennent purticulièrement aux choux et autres crucifères, aux bettes, aux épinards, à l'oseille et à beaucoup d'autres plantes éconoiniques ou d'ornement.

d. Suie. Ta suie est utile au jardinage à un double ‘itre, d'abord parce qu'elle fournit un engrais excellent, ensuite, parce qu'elle fait périr un grand nombre d'insectes nuisibles. On ne doit l'employer qu'à fuible dose et délayée dans l'eau ; duns ce cas, c'est avec les arrosages qu'on l'administre aux plantes. Cette même eau, répandue en Lassinuge ou aspers.on sur les plantes infestées de pucerons, tue les insectes.

e. Cendree churrée. Soit qu'elles proviennent du bois, du charbon de Lois ou de la tourbe, les cendres sont considérées avec raison comine un des meilleurs amendements du sol, tant dans la grande que dans la petite culture. La grande quantité de potusce et de phosphate qu'elles contiennent active puissamment la végétation ; elles participent donc aussi au double caractère d'engrais et d’umendement. Quelquefois même elles sont considérées simplement comme un engrais ; C'est quand on les administre aux plantes, en petit nombre d'ailleurs, qui n'aient pas le fumier, les pois, par exemple, et quelques plantes de parterre.

On donne le nom de churrée aux cendres dont on s’est servi pour le lessivage du linge, et qui, par suite du traitement qu'on leur a fuit subir, se tiouvenut cépouillées d’une grande

partie de la potasse qu'elles conienaient. La charrée à mois d'activité que les cendres neuves, mais elle doit les employer en quantité trois ou quatre fuis plus forte. Elles est d'uilleurs à bien meilleur marché que les cendres qui n'ont servi à aucun usage.

B. ENGRAIS PROPREMENT DITS. On noinme ainsi les substances dont le rôle essentiel est de fournir au sol les éléments organiques qui lui manquent, c'est-à-dire e qui doivent entrer directement duus la composition des plantes. Nous n'avons pas à faire sentir ici l'importance des engrais dans toute espèce de culture ; il nous suffira de rappeler ce que nous avons déjà dit dans le premier chapitre, qu'il ne peut pas nlus y avoir de jardinage que d'agriculture sans engrais, Nous allons passer brièvement en revue les différentes espèces d'engrais et leurs usages au point de vue de j'horticulture.

a. Fumier d'écurie, On nomme ainsi le fumier du cheval, par opposition au fumier d'étable qui provient des bêtes à cornes.

Le fumier C’écurie peut remplacer tous les autres dans un jardin : il est éminemment propre à la confection des couches de toute espèce. Sa propriété la plus précieuse, celle qui le fait préférer à tous les autres par les jardiniers, c'est la facilité avec laquelle on peut arrêter ou rétablir pour ainsi dire instantanément sa fermentation en le tenant sec ou humide. Veut-on le faire entrer en fermentation et s'échauffer, il suffit de l’arroser en le tassant fortement ; veut-on au contraire arrêter la fermentation commencée, on démolit le tas et on luisse le fumier se ressuyer à l'air.

La culture maraïichère, en général perfectionnée aux alentours des grandes villes, emploie une grande quantité de fumier d’écurie.

Le dernier résidu de la décomposition du fumier d'écurie est un terreau noir de la plus grande utilité dans la culture de presque toutes les plantes potagères.

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b. Fumier d'étable. Le fun.ir d'étable, si pr cieux pour l'agriculture, est au contraire peu recherché par le. ‘ardiniers, qui le trouvent froid comparativement à celui de eval. Il est en cffet moins actif que ce dernier, et ne suffira: pas pour la culture de certaines plantes exigeantes, telles qu le melon et le fraisier ; mais il convient très-bion à la plupart des légumes communs. Nous pouvons même ajouter ç 1e, dans les terrains très-calenires, sablonneux, manquant de consistance et susceptibles de s'échauffer excessivement sous les rayons du soleil, le fumier d'étable est souvent préféré au fumier d'écurie,

ce. Fumier de hergerie. Il jouit : ut deg leg propriétés du fumier d'écurie ; aussi, à de &e dern -r, l'emploie-t-on mêlé avec le fumier d'étu n mélange 4e ces deux fumiers, par parties égnles, p' el}: ve ave avantage dans toutes les cultures jardini:

d. Colombine et qu'ino. Sous le n de cdonbine Comprend tous îes fumiers produits par + oise bas cour ou de pigeonnier, Ils constituent ! engrai | actif que l'on connaisse pour là grande comme | petite culture ; mais, précisément à cause decette netir à me fiunt les employer qu'à très-petites doses at mél es fumiers. La colombine desséchée alvéris “serve très-longtemps sans perdre de ses pr riétés Es

On nomme grano un engrais exotique ti ie à la colombine, que le commerce nous apporte d:- istrales

de l'Afrique, du Pérou et du Chili. Il provient di d'oiseaux de mer, mêlées à des plumes, des car

JeCtIons ses de po+sons et autres débris d'animaux, accumulés pendant des sièe 4 sur certains rochers des mers du Sud. On le remplace av:n. tageusement par des engrais chimiques tels que les phosphaies, les superphosphates, les nitrates de souile, les scories Lea lecteur se rendra crmpte de l'importance de ces engrais en

consultant les tab'eaux des paz:s 19 et 24, donnant les

résultats d'expériences sur les pommes de terre sur ln ferme expérimentale d'Ottawa.

e. Issues des villes. L'engrais désigné sons ce nom se compose de tontes les matières recueillies sous furine de Loue dans les rues des villes, C'est un engrais puissant, mais que son odeur fétide, et, dit-on, In mauvaise qualité qu'il communique aux légumes, doit fuire proscrire du jardinage ; son véritable emploi se trouve dans les exploitations de lu ferme,

J. Engrais liquides. Même remarque s'applique aux engrais liquides, la plupart très-putréfiés, qui s'écoulent des tas de fumier et que l’on connaît sous le nom de purin. Trèsutiles à l'agriculteur, le jardinier ne peut guère les employer qu'à favoriser la décomposition des plantes qu'il vent conveitir en terreau végétal, Cependant, lorsqu'ils sont très-délnyés dans l'eau et suffisamment décomposés, on les emp'oie avec un grand avantage, sous forine d'ariosements, dans la culture maraichère

g. Tirreuu. Le terreau est le résidu des fumiers décomposés ; c'est un engrais trè<-riche en hnmus et pouvar: se conserver indéfiniment, Il n'y n jumnis trop de terrenu dans un jardin, et, si beaucoup de légumes communs peuvent, à ln r'zueur, sen passer, il en est d'autres, les melons par exemple, auxquels il est indispensable,

h. La poudrette, substance pulvérulente fabriquée a vec les matières des fosses d’aisance, est aussi un des engrais les plus actifs que l’on connaiss® ; mais elle a tous les inconvénients des issues des villes, et doit par conséquent, être bannie à l'état pur, comme eller, du jardinage, au moins du jardinage maraicher.

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