‹ Le Potamogeton mucronatus aux environs de ParisChapitre 2 sur 3 · SÉANCE DU 24 JUIN · texte numérisé non relu

SÉANCE DU 24 JUIN

niveau du sommet ou un peu avant, dont 2 sont un peu plus prononcées; au niveau de ces 2 nervures les parties latérales de la stipule se réfléchissent, de façon à se placer à peu près parallèlement à la partie moyenne de la stipule, en formant au niveau de cotte réflexion un angle à sommet arrondi; on parvient sans trop de peine à étaler l’organe entier sans déchirure.

Les stipules du Potamogeton mucronatus se fendent de très bonne heure au niveau et tout le long de la partie movenne, et

Fig. 3. —0. coupe d’une portion de stipule du Pot. obtusifolius. M, coupe d’une portion de stipule du Pot. mucronatus, montrant les nervures fines et la grosse nervure située au niveau de la réflexion de la partie latérale de la stipule; 4, bord libre de celle-ci.

il est exceptionnel, même en les choisissant très jeunes, de pouvoir en observer une comme celle qui est représentée (fig- -)- Ces deux parties d’une seule stipule, qui ne se rejoignent qu à la base ou même sont complètement séparées, divergent en forme de V et semblent deux stipules distinctes. Elles sont parcourues par de nombreuses et fines nervures dont deux beaucoup plus fortes. Au niveau de celles-ci, la partie latérale de chaque moitié de stipule vient s’appliquer sur la moitié de la partie moyenne de cet organe qui lui correspond, faisant ainsi a\ec celle-ci un angle dièdre, dont le sommet, sorte de carène, occupé par la nervure épaisse (fig. 3), est relativement aigu, 1 angle étant lui-même très peu ouvert, ce qui rend presque impossible 1 étalage de 1 organe sans déchirure. Au sommet de chaque demi-stipule, le tissu intermédiaire aux nervures se détruit

E. JEANPEUT.

SUR LE POTAMOGETON MUERONATUS.

rapidement, (fig. 2); celles-ci persistent sous forme de filaments qui rendent ce sommet frangé et, comme la destruction du tissu se poursuit d’une façon très irrégulière, le bord supérieur de la stipule est lui-même très irrégulier, et la forme de ce bord, par suite celle du sommet, varie d’une stipule à l’autre.

Je rappelle que d'ordinaire, dans le Potamogelon oblusi/olius, le pédoncule fructifère est de la longueur de l'épi et (pie les achaines ont 3,b mm. sur 2; d’ordinaire, dans le Potamogelon mueronatus, le pédoncule fructifère est beaucoup plus long que l’épi et les achaines n’ont que 2,5 mm sur 1,5.

Cette espèce avait été méconnue jusqu’ici par les botanistes parisiens bien que récoltée plusieurs fois. Je l'ai reconnue dans une de mes propres récoltes faites dans un fossé profond près du moulin d’Episy (Seine-et-Marne), le 11 mai 1893 (plante stérile). Il en existe également plusieurs échantillons fructiüés récoltés en 1840 et 1841 par Mérat, à Nemours (Herbier Mus. Paris). L’étiquette de l’un de ces échantillons est ainsi conçue • « Potamogelon compressum, pièce d’eau dans le jardin de M. Goupil à Nemours, alimentée par le Loing, 23 juin 1841. » C’est évidemment la plante que Mérat avait en vue, dans la Revue de la Flore parisienne, page 172, lorsqu il indique le Potamogeton compressum en abondance dans un réservoir formé

par le Loing à Nemours.

Le Potamogeton mueronatus a été trouvé par Des Etangs à Nogent-sur-Seine, non loin des limites de la llore parisienne (Contributions à la flore phanérogamique de ! Aube, par

MM. P. Hariot et Guyot), plante vue par Bennett.

Enfin je puis ajouter les localités suivantes, reconnues sur

des échantillons de l’Herbier du Muséum, à celles encore peu nombreuses où le Potamogeton mueronatus a été indiqué en

France *.

Nord : Lille, 12 juillet 1851, leg. Cussac.

Calvados : Arganehy, près Baveux (mêlé au P . acutifolius),

juillet 1862, leg. Lebel.

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