SCÈNE ly
LOUISOR.
NdD^ Madame^ c'est un monsienr*
LÀ HARQUISI.
Un monsieur vieux ?
LOniSOH.
Oh! non^ Madame.
LÀ MARQUISS.
Enfin 9 qu'est-ce qu'il veut?
LOUISON
n apportait cette lettre pour Madame.
LA MARQUISE
Dis-le donc. (Elle prend u lettre.) A propos^ Louison!
LOUISOIV; attisant le feu.
Madame?
LA MARQUISE
On parle beaucoup de la toilette que portait mercredi à rOpéra une étrangère^ une madame de Rioja, qui est notre voisine, je crois? Vous devez connaître cela? Est-ce qu'elle se met bien^ cette femme?
LOUISON
Oh I mon Dieu^ Madame sait bien ; elle se met comme ces femmes-là se mettent.
LA MARQUISE
Comment^ ces femmes-là?... Est-ce qiie c'est une femme... comme ça? Est-ce qu'elle n'est pas convenable?
LOCISOH) t€ nippnehaiit.
Madame peut en juger. Baptiste^ qui passait devant
son hôtel, il y a un quart d'heure, en a vu so*tir le coupé de M. de Remiremont. Madame connaît M. de Remiremont, qui est un jeune homme très-élégant, qui court à Satory et ailleurs. Baptiste a parfaitement reconnu madame de Rioja dans le fond du coupé, à côté de M. de Remiremont. Gela peut être convenable ; Madame doit le savoir mieux que moi. Mais si je voyais Madame courir les rues, la nuit, dans la voiture de ce monsieur, j'en deviendrais folle, bien certainement.
LA MARQUISE
Il faudrait, Louison, que je le fusse devenue moimême auparavant. — Il y a un quart d'heure de cela, dites-vous? Vous êtes bien sûre?
LOUISON
Pas même un quart d'heure. Madame. Mais, si Madame le désire, je vais faire venir Baptiste.
LA MARQUISE
Pas du tout. Je ne suis pas curieuse de ces affaireslà... C'était avant neuf heures, probablement, que Baptiste?...
LOUISON
Avant neuf heures... A l'instant. Madame; Baptiste rentrait tout effarouché de ce qu'il venait de voir.
LA MARQUISE
Pauvre Baptiste !
LOUISON
Oui, Madame, il dit que pour cent mille francs il ne voudrait pas servir dans une maison pareille.