SCENE I GODON, ETIENNE
GODON
Aussi, on n'a pas idée d'une chose pareille !
ETIENNE
Laquelle, papa?
GODON, furieux.
Mais, d'habiter à* la campagne, alors que la plus grande partie, la plus angoissante partie de toute mon existence se joue en ce moment à Paris. A l'heure actuelle, je suis millionnaire ou ruiné, et je n'en sais rien ! (Avec une exaspération croissante.) Je n'en sais rien !
ETIENNE
Oh ! papa, tu exagères vraiment. Il est fort possible
que tu sois millionnaire, mais tu n'as aucune raison d'être ruiné.
GODON, lui coupanl la parole.
Halte ! Tu raisonnes comme ma pantoufle, et je crois de mon devoir de l'arrêter. Ai-je, oui ou non, acheté cinquante billets de la loterie des Protecteurs des bêtes féroces ?
ETIENNE
Tu les as achetés.
GODON
Vingt francs la pièce ?
ETIENNE, s' impatientant .
Qui, multipliés par cinquante, donnent la somme de mille francs.
GODON
La loterie des Protecteurs des bêtes féroces doit-elle être tirée à l'heure qu'il est?
Je le pense.
GODON
Puis-je avoir gagné le million, gros lot de cette loterie?
itTIENNE
Tu le peux.