‹ Le pourboire; comédie en un acteChapitre 7 sur 36 · SCENE I · texte numérisé non relu

SCENE I

GODON

La paix ! (Prenant son chapeau.) La voiture est-elle attelée ?

ETIENNE

Oui, papa, depuis une demi-heure.

GODON

Je cours au village, et je téléphone.

ETIENNE

Voyons, papa, le télégramme de mon oncle doit être en route, il peut arriver d'un instant à l'autre.

GODON

Bon ! En téléphonant, je serai toujoui's aussi vite fixé.

ETIENNE

Hum ! Le téléphone n'a pas été adopté en France pour faciliter les communications.

GODON

Assez ! Je suis sur des charbons ardents. Ton oncle, qui assiste au tirage, doit me télégraphier, aussitôt que le numéro gagnant du gros lot sera connu. Je suppose la chose faite, le télégramme n'arrive pas :je téléphone.

ETIENNE

Je donnerais bien deux sous, pour que le télégramme arrive quand tu auras tourné le coin de la route.

GODON

Deux sous? Tu n'es pas généreux 1 Moi je donnerais mille francs. Oui ! mille francs. Tu comprends cela : Mille francs?

ETIENNE

Merci, j'ai compris : Mille francs.

GODON

Si le télégramme arrive, ce sera la récompense du télégraphiste, le pourboire royal que je dispenserai d'une main généreuse, au porteur de la bonne nouvelle.

ETIENNE

Mille francs de pourboire ! Mazette ! Voilà (fue tu gâtes les prix ! ,

GODON

Une fois millionnaire ! (Sortant.) C'est promis, c'est juré ! Mille francs de pourboire ! (Il sort).

Heureux télégraphiste !

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