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CONCLUSION

Nous voici donc parvenus au terme de notre étude économique, juridique et législative sur le pourboire.

Nous avons tâché de retracer le développement du pourboire à travers les âges, en remontant dans le passé aussi loin que nous le permettaient les rares documents que nous avons pu découvrir. Nous avons constaté, en même temps que la civilisation marchait en avant, et que l’aisance s'installait de plus en plus dans les différentes classes de la société, combien cet usage s'était répandu. Peu connu d’abord, alors surtout que l'esclavage et le servage sévissaient, les gratifications ont paru prendre leur essor à la fin du moyen âge, et semblent maintenant atteindre leur plein développement, aussi bien en France qu'ailleurs.

Plus que jamais la soif du bien-être, de la richesse même, a envahi toutes les classes de la société. La lutte pour la vie pourrait se dénommer plus vraisemblablement la lutte pour l'argent; et le pourboire, les étrennes, les gratifications semblent être en quelque sorte une manifestation de ce besoin.

Notre conclusion sera donc simple et brève. Le

uvre

pourboire existe. Nous avons vu combien il serait difficile de le faire disparaître de nos mœurs actuelles.

Envisagé en tant que récompense pure et simple, comme marque extérieure d’une satisfaction, d’un contentement du public, nous l’approuvons.

Mais ce que nous ne saurions admettre, c’est qu'il soit en quelque sorte imposé aux particuliers aussi bien par les patrons que par les employés, et que de simple usage facultatif et bénévole, il soit devenu une obligation.

Nous voulons ensuite que notre acte de générosité aille directement à la personne que nous entendons récompenser, et que celle-ci seule en profite intégralement. Nous sommes partisans du pourboire volontaire, et ennemis de la gratification forcée.

Le pourboire ne devrait être, s’il était ramené à sa véritable destination, ni un salaire, ni même un appoint au salaire. Toute peine mérite une rémunération fixe et non aléatoire et indéterminée. Or, cette rémunération, il appartient au patron seul de la donner directement à ses employés, et non de la faire payer par les clients.

Nous rappellerons ici l'opinion d’un rédacteur du Signal.

« Pourquoi faut-il que toute une catégorie d’em-

ployés ou d'ouvriers soit obligée de recevoir son

salaire sous la forme en somme dégradante d’une

aumône, et se voit forcée de l’obtenir sous la forme

avilissante de la mendicité ? »

Le patron doit assurer les appointements de tout son personnel, et quant au pourboire, s’il n’est plus imposé, il deviendra une simple récompense personnelle destinée à rester le bien de celui qui l’aura reçue.

Mais à vrai dire, nous ne croyons pas qu'un pareil changement se réalise d’aussitôt dans nos mœurs, et nous continuerons comme par le passé à verser notre modeste obole dans les mains du garçon de café ou dans le tronc de l’ouvrier coiffeur, sachant ainsi que notre générosité viendra bien souvent secourir toute une famille de travailleurs, ou combler en partie le déficit d'un maigre budget d’employé.

Et alors c’est d’un cœur léger, sans rancune et en connaissance de cause que nous répondrons aux exi-

gences parfois un peu trop vives de nos solliciteurs.

Vu, Le Président de la thèse, CG BRY:

Vu, Le doyen :

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