‹ Le PoussinChapitre 114 sur 155 · IRAN-BAPTISTE OR CHAMPAGNE · texte numérisé non relu

IRAN-BAPTISTE OR CHAMPAGNE

sciences sons le règne du docte Plolémée Philadelphe, comme pour en faire autant de parallèles avec le règne de Louis le Grand. 11 lit aussi à Versailles tous les tableaux de la chapelle de la reine, épouse du roi, et s’attacha avec un soin particulier à peindre une sainte Thérèse qui est au plafond 11 mourut le ‘27 octobre 1681, âgé seulement de cinquante ans.

1 Mémoires inédits, t. Ier, p. 348. Voir note G.

Note A.

Dans la biographie de Philippe de Champagne, M. de Stassart, qui a eu sous les yeux son acte de naissance, donne les détails suivants :

« Son nom paraît avoir été toujours orthographié par lui de cette manière. Néanmoins, son acte de naissance porte Cham- P aine. Dans l’acte de naissance du père , il est dit que Henri de Champaine et Élisabeth Detroght contractèrent mariage le 7 janvier 1507. Cet Henri, dans l'acte de naissance d’un de ses enfants, est appelé Dechampaigne , et dans un autre encore, de la Champagne , tant les registres baptistères étaient bien tenus à cette époque. »

Note B.

Cette note donnera l'idée de la manière dont les peintres étaient à cette époque payés de leurs travaux.

(R\trait «les notes historiques sur le Musée de peinture de la ville de Rouen, par Ch. de Beaurepaire. Rouen, 1854, iu-8.)

« La Naissance de Jésus-Christ de Philippe de Champagne, 10 pieds 9 pouces sur 6 pieds 10 pouces.

« Ce tableau fut fait et livré en l’année 1644, et payé à son auteur 050 livres par la confrérie, de Notre-Dame établie à la cathédrale de Rouen. Voici l’extrait du compte qui est relatif à ce tableau (Archives départementales , compte de la confrérie Notre-Dame, fonds du Chapitre):

« Payé au sieur Champagne, maître peintre à Paris, qui a fait le tableau qui est enchâssé dans le contre-autel de la chapelle de la Vierge, contenant l'histoire de la Nativité de Notre-Seigneur, suivant sa missive servant de quittance, la somme de

six cent cinquante livres, cy 650 1. » s.

« Pour la caisse et toile où le tableau a été

apporté, cinq livres 5 »

« Pour la voiture et port de lettre, cy. . 5 10

« Plus a esté envoyé six boéttes d’escorce de citron à M. Joly, chanoine, en actions de grâces de la peine qu’il a prise pour la conduite du tableau et lettres qu’il a escrites, les dictes six boettes, pesant six livres à trente

sols la livre, valent 9 »

« Payé à un peintre de Rouen qui a passé le pinceau sur une partie de la toile du tableau qui n’estoit peinte, quarante sols. . . 2 »

Cette toile magnifique fut réclamée par la fabrique de la cathédrale, et lui fut accordée par le préfet en l’an XI.

Note C.

La suite de la Pie de saint Benoit appartient aujourd’hui au Murée de Bruxelles. Elle se compose de dix tableaux. Voici, d’après le catalogue de cette collection, les sujets de ces compositions : 4° saint Benoit dans la urotte; 2° saint Benoit visité

par un prêtre; .’I» le Pain empoisonné ; .4° saint Benoît fait jaillir «ne fontaine par la force de sa prière ; 5° saint Maux retirant Placide de l'eau; ti° la Hache perdue qui se rattache à son manche; 7° le Démon chassé d’une pierre; 8" Y Incendie imaginaire ; !*° Y Enfant ressuscité; 10° sainte Scholastique visitée par saint Benoit. On compare souvent cette histoire à celle de saint Bruno peinte par Lesueur. Elle n’est pas indigne de la comparaison; néanmoins, on s’accorde généralement à la trouver intérieure sous le rapport de l’expression.

Note D.

Voici le texte original de cette inscription : Christo uni Medico animarum et corporum, Soror Catharina-Suzanna de Champaigne post febrem 14 mensium contumacid et magnitudine symptomaturn medicis formidatam, intercepta motu dimidii fere corporis, naturd jam fatiscente, medicis cedentibus, junctis cum matre Catharind-Agnetc precibus, puncto temporis perfectam sanitatem consecuta se iteruin offert. Philippus de Champaigne banc imaginent tanli miraculi, et lœtiliœ suœ testem apposait. Anno tt)62.

Note E.

Ces tableaux, donnés à la fabrique de Linas, n’ont pu rester exposés dans l’église, par suite de difficultés sur leur orthodoxie. Ils représentent, en effet, des miracles accomplis à Port-Boval par la sainte Épine, et qui n’ont pas été reconnus par l'autorité ecclésiastique. Ils sont relégués dans une salle au-dessus de la sacristie. 11 serait à désirer qu’ils fussent acquis par un de nos

musses, où leur présence n’éveillerait aucune susceptibilité religieuse.

Voici la description de ces deux tableaux :

1° Toile de 1 mètre 27 centimètres sur 1 mètre 38 centimètres de hauteur, avec cette inscription :

Claudia llaudran XV annos natœ, horribili tolius abdominis tumore, quo jàm per biennium et ampliùs laborabat , medicis jàm ad periculosissimam scclionem properantibus , puncta temporis, nullo vel artis vel naturœ præsidia liberatœ, hanc effigiem tanli miraculi monumentum vivificœ salvatoris spinœ cujus bénéficia patralum est grati parentes dicaverunt. 27 maii 1C67.

Ce tableau représente une jeune religieuse en costume de novice, à genoux, en prière devant un autel sur lequel se trouvent deux chandeliers rouges portant des cierges allumés, et au milieu un reliquaire contenant une épine de la couronne du Christ. Ce derrière de l’autel est grillé. L’intérieur est celui d’une chapelle avec des stalles à l’entour.

Ce tableau a de grandes qualités. La tète est belle, quoique un peu tatiguee par la poussière et la moisissure. Les guipures de la nappe d’autel, le tapis qui le recouvre, les accessoires, sont d’une exécution parfaite. Le costume a la simplicité, la naïveté de la manière du maître.

2” Une toile de \ mètre 13 centimètres de hauteur sur I mètre 12 centimètres portant cette inscription :

CHKISTO SOSPITATORi.

liane effigiem Margarita Perier (c’était la nièce de Pascal) decennis puellœ, rujus sinister oculus fœld et insanabiti œgilope. jàm triennium luborans, vivificœ spinœ coritactu moment o curatus est die martti 24 anno 1630; memores tanli beneficii parentes ejus sacraverunl .

Ce tableau représente une jeune religieuse en costume blanc de novice, à genoux, dans la même chapelle, devant le même autel.

Tous les détails de la toile n" 1 se trouvent dans celle-ci : ce sont les mêmes flambeaux, le même reliquaire. C’est très-certainement l'intérieur de la chapelle de Port-Royal.

Ce tableau est le meilleur des deux ; il est bien évidemment de la même main que le précédent, la tête est admirablement peinte et d’une conservation parfaite.

Note F.

La Bibliothèque publique de la ville de Troyes, l’une de nos plus riches en manuscrits, possède quelques lettres qui fournissent d’intéressants détails sur les relations de Jean-Baptiste de Champagne avec les solitaires de Port-Royal. Il avait reçu l’éducation religieuse d’Arnauld lui-même, et il se déclare dans sa lettre son enfant spirituel quoique très-imparfait , attribuant à l’amitié qu’il portait à son oncle l’instruction religieuse qu’il lui a donnée comme un véritable père. 11 le consulte sur le projet qu’il médite de peindre une Cène où Jésus-Christ et ses disciples seront couchés à la manière des Romains, pour prendre leur repas. Arnauld, en lui répondant, l’exhorte à le faire, et lui développe les raisons qui tranchent la question dans ce sens, étant certain que les Juifs avaient fini par se conformer à cette habitude du peuple vainqueur devenu leur maître. Si l'on ne connaissait l’exactitude scru puleuse de cette savante réunion, on serait surpris de l’importance même religieuse qu’ils attachent à ces questions de mœurs à l’époque du Sauveur. Ces détails d’érudition sont mêlés à une sorte de confession qui révèle le caractère ascétique de la piété de Jean-Baptiste. Il répète, d’après M. Arnauld, que les peintres sont de petits prédicateurs des mystères de la foi, et il est facile de voir que sa vie tout entière s’harmonise avec cette idée. La fin d’une de ces lettres témoigne dans les termes

4bi NOTES ET PIÈCES JUSTIFICATIVES.

suivants du respect que l’on avait conservé pour Philippe dans la maison de Port-Royal : « Nous faisons réparer notre église et lui donner plus de jour; ce qui servira [tour faire paraître davantage les tableaux , et ceux de feu M. votre oncle en sont le principal ornement pour la piété et la beauté tout ensemble; ils seront aussi un monument perpétuel qui le fera toujours vivre dans nos cmurs, et vous avec lui et toute votre famille qui ne nous sera pas moins chère qu’à vous. » Ces lettres ont été publiées par la Hevue universelle des A rts, dans le numéro de janvier 1857. Elles sont classées sous le chiffre 2357 dans le catalogue des manuscrits de la bibliothèque de Troyes.

Note G.

üUnrc «le* dcuY thanipH^ntc

l/œuvre de Philippe de Champagne est très-considérable. Il n’a guère fait que de grands tableaux, la plupart destinés à des églises, et de nombreux portraits de grandeur naturelle. 11 a surtout excellé dans ce genre. Cette fécondité s’explique par la facilité qu’il avait acquise, par son assiduité au travail, et par sa longue vie. Le Musée du Louvre possède vingt et un tableaux de ce maître, dont neuf portraits et plusieurs toiles de très-grande dimension. Indépendamment de la suite de la vie de saint Benoit dont nous avons parlé, note C , le Musée de Bruxelles possède encore six tableaux de Philippe. En France, les musées de Lyon et de Toulouse en comptent quelques-uns parmi leurs richesses. A Paris, chez plusieurs particuliers, on en voit des plus beaux,

notamment chez M. D de H le portrait de l’abbé de

Sainl-Cyran ; chez M. L...., les portraits des échevins et du prévôt de Paris; il en reste encore dans quelques églises, et la coupole

de la Sorbonne est demeurée intacte. Plusieurs portraits dans les galeries de Versailles lui sont attribués. Les tableaux de Philippe de Champagne ont été souvent gravés, et par d’excellents graveurs. Le cabinet des estampes de la Bibliothèque impériale en possède l’ensemble réuni en un volume. Il y a aussi quelques dessins de ce maître dans la collection du Louvre.

Jean-Baptiste de Champagne, inférieur à son oncle, est moins connu que lui et a laissé beaucoup moins d’ouvrages. Il est mort jeune et parait n'avoir pas été d’une forte constitution. Le Musée du Louvre ne possède rien de lui; celui de Bruxelles n’a de son pinceau qu’une Assomption. Le plafond du salon de Mercure, dans le palais de Versailles, a été peint par lui. Le Musée de Marseille possède son Saint Paul lapidé par les Juifs.

Plusieurs de ses compositions ont été gravées par quelques-uns des artistes habiles dont le burin s’était exercé sur les tableaux de son oncle.

ao

KRRATA

Page

47, ligne 27, Combry, lises : Cambry.

39, — 29, note B,

— note L.

54, — 2G, impériales,

— impériale.

82, — 8, siaison.

— saison .

485, — 4, école française,

— école de France.

209, au titre courant, influence du Poussin,

— Prix de ses ouvrages

212, ligne 41, Thermes,

— Termes.

269, — 26, Bousonnet, Stella et,

— Bouzonnet-Stella et

8C4, — 24, liv. XCI,

— liv. X, ch. 1".

376, — 8, malheur,

— malheur à

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