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JEAN-BAPTISTE DE CHAMPAGNE

Iement de sa vie dont les seuls événements, à part les douleurs domestiques, sont les tableaux nombreux dispersés dans nos églises et nos édifices. En accueillant cet essai avec bienveillance , un grand nombre de nos lecteurs n’oublieront pas sans doute que les richesses du Musée du Louvre leur permettent de juger par eux-mêmes du peintre, né à Bruxelles il est vrai, mais que l’École française a droit de compter avec orgueil parmi ses plus illustres représentants.

Jean-Baptiste de Champagne devait naturellement survivre à son oncle. A son retour de Rome, il l’avait aidé dans les travaux exécutés à Vincennes en 1659. Il fut plusieurs fois appelé à Bruxelles par ses relations de famille, et y peignit quelques toiles importantes pour différentes églises. En 1663, reçu membre de l’Académie, il donna pour son tableau de réception : La Valeur sous la figure d' Hercule couronné par la Vertu et surmontant les vices et les passions. Il avait puisé l’idée de cette composition dans un emblème de son compatriote Otto Venius. Il fut bientôt chargé de peindre la demi-coupole de la chapelle du Saint-Sacrement au Val-de-Gràee, et en 1667 il fit le tableau du Mai de Notre-Dame. Ce fut cette même année qu’il épousa la nièce de Mme Champagne, que la mort avait enlevée à son mari depuis longtemps. Il demeura étroitement uni à son oncle par les liens de la reconnaissance et par la conformité des principes religieux. Ce fut

t;.fi JEAN-BAPTISTE OF. CHAMPAGNE.

en considération de la sévérité de sa vie qu’on l’élut niarguillier de l’église de Saint-Louis, à la fabrique de laquelle il rendit de grands services, usant en sa faveur de l’accès que ses ouvrages lui donnaient auprès du roi et de quelques grands seigneurs. Comme Philippe, il traita habilement la peinture du portrait. Il avait hérité de son respect pour les solitaires de Port-Roval ; il demandait à leur savoir les renseignements qui pouvaient donner à ses tableaux une plus grande fidélité historique; il cherchait surtout dans leur piété les exemples propres à rendre sa vie plus chrétienne1.

Il fut toujours très-employé par Louis XIV. Après ses travaux de l’appartement du Dauphin il continua à décorer les Tuileries. « Dans le plafond d’un des quatre appartements d’en bas il représenta Hercule qui se brûle sur le mont OEta. Ces ouvrages devaient être continués sur le sujet des travaux d’IIercule, mais le roi les fit cesser en 1 67 1 pour faire travailler aux appartements de Versailles. Comme les pensées des premiers ouvrages qu’on y devait faire étaient sur le sujet des sept planètes, les attributs de Mercure furent le partage de J. -B. de Champagne. Il les représenta dans un plafond; mais dans les courbes qui se terminent à ce plafond, il traita plusieurs sujets à la gloire des armes et des belles-lettres, entre autres, l’état florissant de l’empire d’Auguste et le progrès des

1 Voir noie F.

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