L'EXPERTISE
I. Entrevues de La Chalotait avec La Villebouqnait, Villablancb*
et d'Amilly. — La GorretpoDdance de La Noue et da Barris. IL Mémoiiet contre la preuve par comparaison d'écriturea. —
Contullolion de Poulluin du Parc.
III. Les rapport! des experts. — Leurs conclusions. — Arrtvéa
d'un troisième expert. — Entretien entre M. d'Amillj at
U^' de Caradeuc et de la Fruglaye.
lY. Discussion des conclusions des experts. — L'avis d'an gra-
pholo^e. — Le testoment La Doussinière. — Les preuve*
morales.
Ce (lut être une scène bien curieuse que Tentrcvuc de La Clmlotuis et du rapporteur Bonin de la Villcbouquais. Elle eut lieu le 2 août, à huit heures du matin, et dura trois heures.
Après avoir siégé côte à côte pendant trente ans, les deux magistrats allaient se retrouver en face Tun de Tautre. L*un était un accusé et Tautrc un juge, mais celui-ci n^était pas de Torce à lutter. « Le rapporteur avait Tair de l'accusé, dit La Noue, et Tautre, avec un air serein et dégagé, semblait ôtre au parquet. Jamais on n*a peloté son juge de meilleure grâce. 11 le persifla sans cesse, ainsi que le greflicr Saint- Aubin. 11 s'écria du ton le plus plaisant : c( Voilà donc ces fameux anonymes en original! » 11 en fit avec dérision l'analyse vis-à-vis de son
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écriture et dit à Saint-Aubin que cela ressemblait à la sienne. 11 dit avec un air moqueur à Villebouquais : « Et vous entendez bien que vous ne m*apprendrez pas Tordonnance ! » En total, il traita tout avec audace, ironie et sécurité'. »
Est-ce qu*un coupable aurait eu cette attitude ? Villeblanche, qui remplit les fonctions de procureur général, n*est pas plus hardi. « En accompagnant le rapporteur dans ma prison, dit La Chalotais, il n*a jamais osé me regarder en face, tenant toujours les yeux baissés et paraissant devant moi comme un criminel devant son juge î. »
Ce n*est pas tout, Taprès-midi cet étrange accusé demanda le général de Barrin pour avoir de rencre, du papier et des plumes. « Il lui a répété tout ce qui est dans son Mémoire...^ il lui a parlé de toute son affaire avec le plus beau sangfroid, notamment des anonymes. Il a dit avoir des indices du faussaire qui les a faits. Il a plaisanté de sa position et des peines qu*on se donnait pour lui trouver des crimes inexistants'. » Nous
1. Correêpondanet Fonlelie, p. 183. La Noue à Fontoito, % août 1766.
S. Sixième DéptloppemetU, p. 116. — M. Marion eommei ana erreur en disant que La Chalotais confirme le témoigQage da La Noue dans son quatrième Mémoire {Eal Breimgmê, p. 406, note 3) ; c'est de Villeblancbe et non de La Villebouquais que La Chalotais parle ainsi.
Dans une not« ajoutée par lui au manuscrit du quatrième Mémoire, « que nous possédons, « et qui n'a pas été publiée, La Chalotais accuse Villeblancbe d'Immoralité dans sa' vie privée et assure qu'il avait refusé de lui donner une de set filles en moriag^.