‹ Le pouvoir absolu et l'esprit provincial (volume 2)Chapitre 120 sur 190 · Corre»pondatue FonttHe, p · texte numérisé non relu

Corre»pondatue FonttHe, p

366 LE DUC d'aiguillon et là CHÀL0TAI8

le répétons, est-ce qu'un coupable aurait eu Tesprit aussi dégagé ?

En somme, quand on présenta pour la première fois les billets anonymes à La Chalotais, il refusa de répondre, pour cinq raisons qu'il développa au rapporteur : il avait le droit d'être jugé par les chambres assemblées, or, le Parlement n'est pas au complet; — les lettres patentes de disjonction sont illégales et nulles ; — il faut statuer d'abord sur la cédule évocatoire, la rejeter ou l'admettre ; — il doit connaître les noms de ses juges, afin de pouvoir récuser ceux qu'il voudra ; — après l'interrogatoire, tout accusé est autorisé à demander le secours d'un conseil ; on ne peut le lui refuser ' .

Villebouquais, abasourdi, ne sait ce que répondre; à son retour devant le Parlement, il affecte la surprise. « Loin de se défendre d'une accusation aussi sérieuse, \pin de répondre au fond, de nier formellement être l'auteur de ces anonymes et de t&cher de constater son innocence, M. de la Chalotais s'est borné à proposer de faibles exceptions qui ont été déjà rejetées par arrêt. » 11 demande à la Cour de passer outre. Celle-ci ordonne, en effet, la vérification des billets par les experts et permet seulement de communiquer à Taccusé la liste des juges*. La Villebouquais fut encore chargé de cette commission pénible. « Chalot le traita, ainsi que le greffier, avec in- < dignité, écrit La Noue, disant que lui et tous les membres étaient vendus à la cour, a M. d'Âi-

Page 1