Journal deê EvènemenU, p
2. Mémoire à eomêu/ter et CoiumlUtiom, M jnillel 1766; imp. in-4* de 28 p.
Il 11*
370 LE DUC D* AIGUILLON BT LA CHALOTAI8
tures de ne pouvoir porter la conviction dans les esprits, de ne fournir que des présomptions et des conjectures ^
Tel est le principe. Y a-t-il lieu de rappliquer dans le cas actuel ? Oui, et plus strictement que jamais, car aucuno accusation ne fut plus invraisemblable. Comment supposer qu'un homme de la plus haute naissance, de la meilleure éducation, du caractère le plus élevé, se soit abaissé à écrire de pareilles insanités ? En supposant même fondée Tinculpation d'avoir voulu exciter des troubles et former une ligue contre le bien do TEtat, quel motif M. de la Chalotais aurait-il eu d'écrire ces billets ? En quoi eussent - ils servi ses intérêts ou ses passions? Ils semblent approuver les démissions et M. de la Chalotais y était notoirement opposé*.
Ce Mémoire fut lu avec avidité en Bretagne; à Rennes surtout, il fut dévoré par les partisans de l'accusé, c'est-à-dire par toute la ville, car l'immense majorité de la société et du peuple s'intéressait au prisonnier. La petite coterie d'étrangers et de fonctionnaires, cantonnée à l'intendance, était seule à le poursuivre de ses menées et de sa haine. Elle découvrit au fond d'une bibliothèque un livriî déjà ancien, rédigé par un nommé Vallain, et qui soutenait la validité de la comparaison d'écritures môme en matière criminelle. On se hâta de l'opposer au traité de Le Vayer^.