‹ Le pouvoir absolu et l'esprit provincial (volume 2)Chapitre 157 sur 190 · Procès imilrttil, III · texte numérisé non relu

Procès imilrttil, III

2. Arch. Not., II. 439. FletMllei & Loverdy, 24 Mptambre 1765. — Uarrin écrit à d'Aiguillon, le 24 leptembre 1766 : « Il j «at ovant-hicr une léance ottes violente au Palai*. Il avait été décidé que lei experts commenceraient la vérification le jour même aprèi midi. M. de lu Villebouquoii s'y étont rendu à l'heure indiffuée y trouva lei experts et fut joint par le chevalier de la Chalotais, qui déclama avec beaucoup de véhémence contra la résolution de suivre lo procédure, l'attribuant à reflet de Ih

LIS HESITATIONS DU PARLBMBlfT 417

L'expert do Paris, Tirel, procéda au travail de comparaison du 23 au 25 septembre et celui de Lyon, nommé Mathieu Bordes, du 27 au 30 sep* tembre *. Tous deux concluent, comme leurs confrères, que les billets anonymes sont de la môme main que les pièces de comparaison^. Leurs arguments sont toujours les mêmes et nous nous garderons de les répéter. Signalons seulement le rapport de l'expert de Lyon. Venu de plus loin, il se croit obligé sans doute d'en imposer

cabale. Le rapporteur écoulait et ne disait rien, lorsque M. de Saint-Aubin art-iva. Le cbevalier de la Cbalotais aedérbalna alors contre le baurre greffier et vomit mille InYoctives. Celui-ci s*ezcttsa comme il put et menaça de dresser proeès-Terbal. • (Arch. min. jusiice.)

1 . On se rappelle que le Parlement ayant désigné un expert de Lyon, rintendaijt de cette ville, M. Bâillon, avait éU chargé d'indiquer des homs. On a voulu voir dans cette circonstance une sorte de manoeuvre, parce que M. Bâillon, avant d'être intendant à Lyon, avait été sénéchal du présidial de Rennes. Bn celte qualité, il avait été traduit devant le Parlement par M. de la Bédojère, procureur général, pour délits commis dans l'exercice de sa charge, et c'était If. de la Chalolais, alors avocat général, qui avait soutenu l'accusation. M. Bâillon envoya les noms de il experts, dont dix plus employés. On mil les noms de ceux-ci dans un bonnet et on en prit un au hasard. Ce fut Mathieu Bordes qui fut choisi, et c'était justement Tun des quatre plus capables parmi les dix. Il semble donc que toilt se passa c^gnlièremenl. (Journal dêê Kpèmêmêmts, p. IM. — Arch. Nat., II. 439. Villeblanche à Laverdy, ft octobre 1766)

S. Imagine-t-on sérieusement qu'il e6t pu en être autreaMnt } Voici un détail qui permettra d'en juger. Barrin écrit au duc d'Aiguillon le ÎS septembre 1766 : « L'expert de Paris finit vendredi au soir et charge à tour de bras M. de la Ghalotais. Celui de Lyon commença hier matin et le soir nous s6mes qu'il était exactement de la même religion que l'autre, s (Arch. min. justice.) L'examen de l'expert Bordes devait durer quatre jours, et dès la soir du premier jour on savait à l'intendance qu'il concluait contre La ChaloUis. Quelle confiance peut-on avoir dans rimparlialilé et l'indépendance d'experts qui commettent de paraillaa Indiscrétions ?

418 LB DUC D^AIGUILLOM BT LA GHALOTAIS

au public, et cet homme étonnant se livre à des eiïets de littérature d*un comique achevé à propos du « petit bouton qui finit les s^ de la queue qui boucle les g et du jambage qui termine les q. » Ces dernières lettres se ressemblent étrangement « par la légèreté de leur chute, occasionnée par les doigts raccourcis où la plume se trouve trop relevée et produit un trait extraordinairement affaibli ^.. » Ce <c trait » suffira sans doute au lecteur-.

Les experts déposèrent leur travail aux mains du rapporteur La Villebouquais et quittèrent Rennes aussitôt. Mais le Parlement refusa d'entendre la lecture de ce rapport et d*y donner aucune suite. Il se réunit une dernière fois le mardi 30 septembre, ordonna Tenvoi des procédures au greiïo du Conseil et décida verbalement de ne plus s'assembler jusqu'à ce que le roi eût statué définitivement sur les requêtes des accusés 3.

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