LIS HESITATIONS DU PARLBMENT
mais ridicule, ils sont sûrs de ne jamais se tromper*.
D*autre part, le Parlement de Paris avait présenté le 17 août d'itératives remontrances « .contre des juges qui sont légitimement suspects aux accusés. »
Ces écrits, ces protestations n'étaient pas sans faire impression sur le public et sur les ministres eux-mêmes. Dès le lendemain de Tarrét dilatoire du 22 août, Laverdy s'était prononcé, nous l'avons vu, pour le renvoi du procès à Paris. Saint- Florentin n'était pas éloigné de partager cet avis ; il reconnaissait et cherchait à démontrer lui-même à son neveu la valeur des critiques dirigées contre les lettres patentes de disjonction et le bien fondé des causes de nullité invoquées contre la procédure. Tous deux étaient d'ailleurs convaincus de la nécessité de terminer cette dangereuse et troublante affaire avant la réunion très prochaine des Etats. 11 y eut pourtant des hésitations; « la girouette ministérielle tourne au vent d'Aiguillon, n disait La Noue le 10 septembre. Mais, en somme, le duc restait seul partisan dn siatu quo; toutes les opinions, même les plus opposées, -se réunissaient pour précipiter une solution désormais inévitable.
Les requêtes des accusés furent présentées le 13 septembre 1766 au Conseil du roi. La<iiscussion fut longue et se prolongea fort uvant dans la nuit. Finalement l'on s'arrêta à une sorte de mesure préventive qui laissait prévoir la décision
1 . Mémoire à eotuuHer ei Coiumiimiiom, signé de holt •▼oeait, le 16 août 1766. Imp. in-4* de 96 p.
416 LE DUC D*AIGUILLOM ET LA GHALOTAIS
définitivo. II fut ordonné d*envoyer nu greffe da Conseil une copie de toutes les procédures rela* tivcs h V « affaire, » entamées tant à Rennes qu'à Paris et à Saint-Malo. Cet arrôt avait pour but de mettre le Conseil en état de statuer sur les requêtes des accusés. II ne suspendait pas les opérations du Parlement, mais il était évident qu*il les frappait dès lors d*une sorte de déchéance morale. A quoi bon continuer une instruction qui pouvait être annulée et cassée? A coup sûr, les magistrats n'étaient pas fAcliés d'être débarrassés de cette lourde responsabilité. Mécontents, d'ailleurs, de voir leurs séances pro^ rogées jusqu'à la Saint-Martin et d'être ainsi privés de vacances, ils se montrèrent de moins en moips disposés à agir. L'arrêt du Conseil fut signifié par le chevalier de la Chalotais à M. de Villeblanche et au greffier Blain de Saint- Aubin *. De plus. M"* de la Chalotais présenta le 22 septembre une nouvelle requête réclamant la suspension de toute procédure jusqu'à la décision du Conseil du roi.
Cependant, les deux nouveaux experts demandés par le Parlement venaient d'arriver à Rennes. Plusieurs conseillers étaient d'avis do ne pas même les entendre^. On s'y décida pourtant.