H. Carré, La ChalotaU et ie due d'Aiguillon, p
LA FIN DU PROCicS 465
sur des droits incontestables, et c^est ce qui la rend légitime et honorable. Le « complot » n*a jamais existe; c*est la province tout entière qui défendait ses libertés. Et ainsi nous sommes ramenés a la thèse que nous avons essayé d'établir dans r Introduction et qui éclaire toutes les phases de cette longue histoire.
Comme on a ressuscité le « crime d'Etat, » on a inventé de nos jours (c le parti chalotiste. » 11 y a eu un « parti aignillonniste, » nous Tavons indiqué, parti très ardent, mais très restreint, principalement composé de fonctionnaires et d'étrangers. Mais il n'y a jamais eu de « parti chalotiste. » Le « parti chalotiste, » c'était toute la Bretagne et l'on pourrait ajouter toute la France.
On le vit bien quand les représentants de la province se trouvèrent réunis au mois de janvier 1767. Les abus de pouvoir commis depuis deux ans, les coups immérités qui avaient frappé des hommes regardes a juste titre comme les défen- . seurs des libertés bretonnes, provoquèrent une telle explosion du sentiment national que le duc d'Aiguillon lui-même ne put y résister.
Et ces réclamations ne cessèrent que le jour où une réhabilitation éclatante vint apporter aux accusés de 1766 la revanche triomphale des injustices qu'ils avaient subies.
C'est le récit de ces luttes ardentes et de cette victoire finale qui sera l'objet de la dernière partie de cette histoire.