‹ Le pouvoir absolu et l'esprit provincial (volume 2)Chapitre 55 sur 190 · Premier Mémoire, p · texte numérisé non relu

Premier Mémoire, p

196 LE DUC d'aiguillon et L\ GHàLOTàIS

priver de toute liberté, de la liberté de se défendre, de réclamer la justice du souverain, deux procureurs généraux à qui leur minist6ro doit nécessairement avoir fait des ennemis, ourdir contre eux une procédure violente... Procédure et accusation sont assorties et imaginées toutes deux non pour prouver un corps de délit réel, mais pour en forger un*. »

Corps de délit formé « de rapports d'espions » et étayé par « des témoins préparés et pratiqués par des espions, » appuyé sur des lettres privées saisies dans des perquisitions violentes et illégales : quels abus d'autorité ! Ces accusations servent de prétexté à la vengeance de particuliers puissants. Et Ton couvre ces infamies du nom du roi, on déclare qu'on poursuit en son nom ; on assure ainsi l'impunité aux dénonciateurs, mais on rappelle les édits et les formules des proscriptions*.

Des magistrats honorés par de longs services, jouissant de la réputation la plus intacte, sont livrés à la discrétion de leurs ennemis, n'ayant d'autre ressource que la justice et les lois, et même ne l'ayant pas puisqu'ils ne peuvent écrire au roi ni se justifier^...

Enfin, voici un passage d'une véritable éloquence : « Je ne dirai point, s'écrie-t-il, qui a pétri ensemble le fiel et le poison que ces haines distillent... Si les poursuites étaient publiques comme chez les Romains, je me contenterais de dire comme Scipion en pareille cir-

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