‹ Le pouvoir absolu et l'esprit provincial (volume 2)Chapitre 57 sur 190 · Premier Mémoire, p · texte numérisé non relu

Premier Mémoire, p

3. J.-B. Fevrei deFontetUs éloitolort Ag^de cinquante ei un «m. Set letiret de nomination portaient que « So Majesté TenToyait commander à Saint-Malo pendant le tempi que la Goramiiiion

En môme temps, Texempt Duchcsne partait de Rennes avec une brigade de maréchaussée, ainsi qu'un bataillon du régiment de Berry destiné à assurer Tordre. Mais les Malouins, fort susceptibles en ce qui touchait à leurs privilèges, refusèrent d'ouvrir leurs portes aux soldats ; ceux-ci durent aller cantonner ii Saint-Servan.

La Commission reçut les honneurs strictement obligatoires. La communauté de ville alla rendre visite à M. de Beaupré, qui ne cacha pas qu'il n'avait accepté cette mission qu'avec la plus vive douleur et sur le refus réitère du Parlement'.

Mais les simples particuliers témoignaient aux commissaires la plus grande froideur et refusèrent de les recevoir. Un concert public, entretenu par des amateurs, avait cessé des l'arrivée des prisonniers -.

M. de la Fruglayc, gendre et beau-frère

emploiera & examiner le procès des prisonnieri accusés, s (Jour» nal deê Ei^ènemenlê, p. 58.)

\. Journal des EfènemenU, p. 50. — Les commissaires panrinrent non sans quelque peine à trouver des logements dons l'étroite et pittoresque cité, a Quelque petite que soit la ville de Saint-Malo, nous sommes tous établis assex commodément et même mieux qu'à Rennes. En mon particulier, j'ai trouvé une grande maison qui était vide et sans meubles. Je l'ai aussitôt fait arranger et j'ai retiré trois de MM. les maîtres des requêtes avec moi. s (Arch. Nat., H. 43U. Le Pelletier de Beaupré ù Lavcrdy, 23 jonv. 1766.)

2. Le Journal des Et'ènemenU rapporte ce troitcoriictéristique : « Le traiteur Gaigneux, qui sert les prisonniers, marchandait un turbot dont il olTruit 18 livres. Le pourvoyeur de àl. Le Pelletier survint et en oflTrit fiO livi*es. Le pêcheur, entendont dire que cet homme fuisuit les provisions de lo table des commissaires, répondit brusquement : « N'y a rien ici pour les gars de Paris. Je veux que nos chors prisonniers mangent ce poisson. Vous m'en oflTririex en vain 50 écus. J'aimerais mieux le f... ù la mer que de vous le vendre. • Oaigneux enleva le turbot uu prix qu'il en offrait. (Journal deê Evénements^ Première suite» p. 93.)

des deux principaux accusés, fut, au contraire, comblé de prévenances et de bons offices. « Jamais rhorreur pour les persécuteurs et Tintérèt pour les persécutés ne fut plus prononcé, dit-il. Aucun des membres de la Commission du Conseil X ne fut reçu dans aucune maison, on voulait mlnviter à dîner et quoique ce fût le carnaval, il n*y eut ni assemblées, ni bals. Le deuil était général. Les familles les plus considérées m^ouvrirent leurs maispns et quelques-unes m'offrirent leur bourse, notamment les Plouer, les Boisgarin, les Magon, les La Villegillc, les With, les Bauhal...

<c M. Scott, commandant du château, promit d'avoir des égards pour les prisonniers, qui ne devaient communiquer avec personne , mais M. d'Aiguillon envoya à Saint-Malo M. de Fontette pour surveiller Scott et je ne pus plus avoir de nouvelles que par M. Le Noir, rapporteur do la Commission, et M. de Calonne, procureur général. Le premier était honnête, mais le second était impératif et insolent au dernier degré '. »

Mi de la Fruglaye songea même a faire évader M. de la Chulotais par la chambre d'un invalide qui demeurait au-dessous du prisonnier; celui-ci aurait pris les vêtements de la femme de l'invalide et se serait embarqué pour passer à l'étranger. Mais M. de la Fruglaye ne voulait user de ce moyen que si la vie do son beau-père était menacée ; et j'avoue, dit-il, que je ne pouvais me persuader que le résultat de cotte affreuse procédure put être aussi funeste.

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