Procédures fa Un en Bretagne, p
TEMOIGNAGES BT CONFRONTATIONS 239
concluantes. Ce sont des phrases et non des preuves.
Il y a deux objections sérieuses •: M"* Garnier dit avoir reconnu M. de Fontette parmi ceux qui entouraient le duc ; puis elle prétend qu'on lui a parlé des six magistrats. Or M. de Fontette était alors à Saint-Malo et M. de KersalaQn n'était pas encore arrêté, il n'y avait donc que cinq magistrats détenus et non six.
Ces objections scTut-elles dirimantes 7 Non ; M"* Garnier, racontant ces faits quatre ans après, en 1770, a pu se tromper sur la personnalité de M. de Fontette, qui d'ailleurs se trouvait peut« être à Rennes, où il venait quelquefois; et il n'est pas surprenant qu'elle ait parlé, sans réfléchir, des six magistrats, expression qui était tombée dans le langage courant.
Peut-on arguer de faux ce récit que M"* Garnier répéta deux fois devant les juges, en termes presque identiques, à Rennes et à Paris, et soutenir que cette femme a imaginé de toutes pièces cette histoire romanesque ? Cela parait diflicile, car elle fut confirmée par d'autres témoins, MM. de Derval et de lu Souallaye. D'oilleurs, le Procès instruit extraordinairement, qui fut publié en septembre 1768, mentionne déjà l'entrevue; le fait était donc, dès cette époque, connu a Rennes ^
Vint ensuite un autre témoin, mais celui-là était détenu. C'était le malheureux de Reynes. On l'avait amené do Versailles à Saint-Malo. Or il n'apprit rien de nouveau. Il résulte de son