Second Mémoire, p
S. Second Mémoire^ p. 86, 90.
250 LE DUC d'aiguillon et la chalotais
suite dans laquelle on violait à la fois Téquité et le texte formel de la loi, en refusant un défen* seur aux accusés.
Aussi Ton peut s'imaginer Tcmotion que produisit dans le public ce plaidoyer accablant, que le prisonnier réussit à transmettre à son gendre, qui put bientôt le faire imprimer L II se répandit comme une traînée de poudre.
A ce Mémoire était jointe une Addition^ dans laquelle La Chalotais prend à partie personnellement M. de Galonné. Il lui rappelle ses perfidies : la négociation de Versailles, la lettre oubliée sur le bureau de Maupeou, Tentrevue de Saint-Malo, et il termine par de virulentes invectives : (c M. de Galonné parait avoir pris à forfait notre condamnation... Je ne dis pas qu'il soit traître, mais je dis qu'il m'a trahi, apparemment par mégarde, en égarant son portefeuille. Je ne dis pas qu'il soit un calomniateur, mais je dis qu'il avance comme vrais des faits qu'il sait positivement être faux... Je ne dis pas que c'est lui qui a imaginé le fond de l'aiTaire, mais je dis que c'est lui qui a ourdi la procédure et qui Ta dirigée. Je ne dis pas qu'il ait cherché de dessein prémédité à nous rendre coupables, mais je dis qu'il a écarté à dessein tout ce qui tendait à notre justification et à la preuve de notre innocence. Je ne dis point que M. de Galonné soit aussi prévenu qu'il parait l'être par ses propres connaissances, car sitôt qu'un ministre lui dit des choses contraires à ce qu'il sait positivement et à ce qui s'est passé sous ses yeux, il y renonce