Mémoire» manu»crils de M. de la Fruglnye
et ne croit plus à ce qu'il a vu de ses yeux et entendu de ses oreilles*. »
II y a sans doute dans ces apostrophes véhé^ mentes quelques exagérations, mais peut-on en faire un crime à un homme si injustement accusé?
Galonné ne voulut pas rester sous le coup de ces invectives sanglantes ; il publia en septembre 1766 un long plaidoyer pro^ domo sud. C'est une apologie remplie de belles phrases, mais assez pauvre d'arguments. Il est vrai qu'elle est suivie d'un témoignage de satisfaction du roi : <c Vous n'aviez pas besoin de justification auprès de moi. Je rends justice à vos talents et à la droiture de votre conduite; comptez sur toute ma protection 2. »
Mais cette approbation donnée par Louis XV ne fut point partagée par le public, qui pensa dès lors et qui pense encore que Galonné commit par intérêt personnel une mauvaise action.
Ge sentiment se trouve nettement exprimé dans ces lignes : a M. de Galonné ne se rendit en Bretagne que pour suivre cette odieuse besogne et surtout aviser aux moyens de trouver MM. de la Ghalotais coupables 3. » — c( Il est inconcevable que deux hommes au fait de la procédure criminelle, dont Tun a été procureur général d'un Parlement et l'autre lieutenant criminel du Ghàtelet (Le Noir et Galonné), se soient prêtés à faire et à suivre une procédure aussi monstrueuse.
1. AtitiiiioH au iecond Mémoire, p. 93 à 108 des Mémoirtê de M. de U Ckalolaii, p. 104, 107.
2. Mémoire préienté au roi par M. de Galonné, matlre des requêtes, 1** septembre 1706, in'4*, imp. royale.