‹ Le pouvoir absolu et l'esprit provincial (volume 2)Chapitre 84 sur 190 · Proche inêiruii, il, 211-215; III. 91 ; I · texte numérisé non relu

Proche inêiruii, il, 211-215; III. 91 ; I

3. Procès inêtruit. II, 215 2'iO; III. 7d-91. Yuir plua haut p. 8«^7. k. Coradeiic fut iiiterri)(;é les 28, 30 et 31 jniivier. et c'est le

r» février que L« Nuir pnrlii pour lu prciuière fois» à La ChalutaU d(*9 foiiieux billet».

Malgré ces manœuvres, il ne put rien obtenir.

Carodeuc déclare qu*il a entendu parler pour la première fois des billets anonymes au ch&teau du Taureau. Le lendemain, Le Noir lui demande brusquement :

D. — Avez -vous entendu dire a votre pcre qu'il soupçonnât quelqu'un d'être Fauteur de ces lettres injurieuses ?

R. — Mon pcre ne m'en a jamais parlé et n'y a jamais fait aucune allusion ; j'en ignore moimême le contenu.

D. — Connaissez-vous Bouquerel ? Venait-il à riiôtel de Caradeuc ?

R. — Non.

Alors, brutalement :

D. — Avez-vous ouï dire que M. de la Chalotais, votre père, avait écrit des billets anonymes à M. de Saint-Florentin?

R. — Jamais je n'ai ouï dire qu'on soupçonnât mon père de ce fait, je réponds de lui comme de moi-même ; quand j'ai eu la liberté de le voir au chAteau du Taureau, jamais il ne m'a dit le plus petit mot des billets anonymes, jamais il ne m'en a écrit un mot dans les notes qu'il a pu me faire passer, et où il m'a parlé des autres chefs d'accusation.

Le Noir lui montre deux lettres de son père, qu'il reconnaît, et insiste :

D. — Mais enfin, votre père ne vous a-t-il pas avoué qu'il était l'auteur des billets anonymes ? N'avez-voiiH pas v.n lieu de l'en soupçcmner et (lo piMisrr (|u'il ft\';tail porté i\ cet excès par fureur contre M. de Saint-Florentin?

Caradeuc, habituellement timide et déférent, se

258 LE DUC d'aiguillon et la ciialotms

révolte à cette question et réplique avec une hauteur froissée de cette insistance blessante :

R. — Le fait est absolument faux ; je peux répondre do mon père comme de moi-môme, il est indigne de le soupçonner de pareilles atrocités ; bien loin que mon père m'ait avoué les avoir écrits, il ne m'en a jamais dit le moindre mot, ce qui m'a fait penser qu'il ignorait même qu'il exist&t des billets anonymes ; je l'ai toujours entendu d'ailleurs s'exprimer avec beaucoup de décence sur le compte de M. de Saint-Florentin*.

Ces déclarations étaient formelles et visiblement sincères. Du reste, dans une note écrite que Caradeuc remit à Le Noir au début de son interrogatoire, il disait notamment.: « Je suis fort étonné de me voir travesti en criminel d'Etat, je n'ai jamais été occupé qu'à remplir les devoirs de ma charge. J'ai tAché et je tâcherai toujours de suivre l'exemple d'un père que la tendresse respectueuse, la voix publique, celle de tous les ordres de cotte province et, j'ose le dire, de toute la France, m'ont proposé pour le modèle du magistrat... N'ayant jamais reçu de lui que des leçons et des exemples d'honneur, de probité, de vertu, d'amour pour le roi, le bien public et les lois, je serais bien fâché de dégénérer ^... »

Une perquisition minutieuse fut faite dans la cliainbrc des prisonniers le 31 janvier. Quand le major Bocquillon entra chez Caradeuc, celui-ci jeta quelques papiers au feu et en passa d'autres à son domestique. Mais on fouilla ce dernier et Ton

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