‹ Le pouvoir absolu et l'esprit provincial (volume 2)Chapitre 87 sur 190 · Procès instruit, 111, 78-î · texte numérisé non relu

Procès instruit, 111, 78-î

contre lui un procès criminel était un monstrueux abus de pouvoir et une véritable indignité.

Il devenait de plus en plus évident que le juge instructeur ne trouverait rien ; il se noyait dans des détails infimes ou ridicules ; manifestement, Faccusation se débattait dans le vide.

Elle ne fut pas plus heureuse avec les autres inculpés.

Cliarette de la Gàcherie, conseiller depuis vingt-huit ans, était considéré comme le chef de l'opposition dans le Parlement. Il est assez difficile, d'après ses réponses, de démêler sa pensée. Il nie tout avec une audace tranquille, tantôt se répand en cfl'usions dithyrambiques de respect pour le roi et les ministres, tantôt se perd en considérations d'une sentimentalité banale; par moment Ton se demande s'il est sincère ou s'il ne veut pas se 'jouer de Tenquôteur •.

Interrogé d'abord sur la politique générale, à des questions vagues sur ses opinions et ses pensées il fait des réponses du même genre, il n'a point connaissance d'une ligue formée entre magistrats et membres des Etats, ni de la division de ceux-ci en deux partis, appelés ordinairement royalUles et bastionnaires ; tous sont animés des mêmes sentiments de fidélité pour le roi.

1. Procès inttruit. Il, 277-372; III. 53-60, 92-M. L'iiiterro|rafoire o<rupn cinq longuet téonres de plusieurs heures chacune. Je» 28 janvier, 2, 3 cl 7 février 1760.

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262 LE DUC d'aiguillon et la GHALOTAI8

Il se plaint de cette inquisition. « J'ai eu à répondre, dit-il, non seulement sur les pensées conçues avant que je fusse accusé, mais sur celles que j'ai pu avoir depuis. J'ai été interpellé par les questions les plus étonnantes, les plus évidemment insidieuses, où j'apercevais clairement qu'on cherchait à surprendre quelque réponse qui eût tourné en nouveau titre d'accusation contre moi ou contre mes confrères'. »

L'enquêteur précise; il avait en mains trois lettres de l'accusé des 2, 4 et 10 décembre 1763, adressées à Montreuil et saisies chez celui-ci. La Gàcherie l'ignorait; il nie avoir cherché à exciter le Parlement, avoir qualifié « d'actes de violence et de vexations destructives de toute liberté » les actes du pouvoir, s'être « plaint de l'inaction et de l'étonnante léthargie du Parlement. » Et quand on lui montre ses lettres, il se perd en explications embarrassées et diffuses •.

Les lettres écrites sous le couvert de l'intendant et par l'intermédiaire du négociant Boucher n'avaient pour but que d'assurer le secret des correspondances; de môme, le billet tracé en travers et plié en triangle était une plaisanterie et nullement l'indice d'un complot 3.

L'accuse développe de longues considérations sur la négociation entreprise avec le Parlement ; il se défend d'avoir donné de fausses espérances et fait de fausses promesses.

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