‹ Le pouvoir absolu et l'esprit provincial (volume 2)Chapitre 91 sur 190 · Procèê inttruU, III, 97-106; jugement du 15 février · texte numérisé non relu

Procèê inttruU, III, 97-106; jugement du 15 février

2. Tous les mémoires du temps portenl que KersoloUn fut nrrvté le 10 février. Il dil, lui, duiis son Mémoire qu'il fui arrêté le 14 février, rVst-à-dire la veille même du jour oîi le décret de prise de corps était rendu, el qu'il arriva û Suiut- Malo le 19. Cette dole doit être cxocte, cor elle est confirmée por Le Prettre dans une lettre du 20 février 17G0.

LA Flif DE LA CHAMBRE CRIMINELLE 271

tranquillité en déplaçant de dessus ma tète les garde-clefs, mais on m^a laissé dans le même cachot deux autres mois et, avec un aussi faible tempérament que le mien, je ne sais comment j'y ai résisté. Enfin, au bout de trois mois de Thorrible cachot que je viens de dépeindre et dont je n'ai point chargé le tableau, j'obtins une chambre ^ »

Ces procédés sont odieux et méritent d'être flétris. Mais ce qui est peut-être plus odieux encore, c'est que Kersalaûn resta neuf mois en prison sans savoir de quoi il était accusé, sans être interroge. « Il semblait que je fusse oublié, et je n'ai su qu'on se rappelait mon existence qu'au mois de novembre, époque de ma translation à la Bastille^. » C'est là qu'on lui signifia, le 28 novembre 1766, le décret de prise de corps prononcé contre lui le 15 février précédent. On semblait accumuler comme à plaisir les illégalités et les abus de pouvoir.

De quel crime était donc coupable ce magistrat (c qui depuis vingt-sept ans exerçait ses fonctions sans le plus petit reproche? » 11 était accusé d'avoir révélé Tentretien secret de Maupeou, d'avoir fomenté des intrigues et entretenu des correspondances séditieuses. Or ces correspondances se résumaient en quatre billets sans importance, dont le premier* avait paru très

1. Mémoire nu roi poar Jean François Easenoa de Kertalafln. In-4* de 16 p., p. S et 3.

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