‹ Le pouvoir absolu et l'esprit provincial (volume 3)Chapitre 136 sur 187 · Mémoire pour M. de la Chalotais, p · texte numérisé non relu

Mémoire pour M. de la Chalotais, p

4. Mémoire à consulter, signé de 21 avocats, p. 2; Imp. in-4» de 20 p. — M. Marion écrit : « Tel fut le thème développé dans les innombrables brochures et consultations publiées alors pour réfuter J 'ouvrage récent de l'expert Yallain. » (La Bretagne,

l'expertise 373

Non, il faut des preuves, et des indices ne peuvent tenir lieu de preuves, répondent les vingt avocats les plus renommés du barreau de Rennes. Et ils exposent leurs raisons, à coup sur fort sérieuses : « L'art des faussaires est porté pour le moins aussi loin que celui des vérificateurs, et Ton trouve partout des exemples d'écritures si parfaitement imitées que ceux mêmes auxquels on les imputait y étaient trompés. On a vu des officiers publics reconnaître leur écriture, qu'un faussaire avouait avoir fabriquée. Deux écritures parfaitement semblables peuvent être de deux mains différentes; par contre, l'écriture de la même personne varie selon les âges, les dispositions et même la plume et le papier. Il ne suffît donc pas qu'il y ait des ressemblances entre deux écritures pour juger qu'elles sont de la même main.

« Dans la déposition des experts en écriture, il faut distinguer deux choses : 1** ce qu'ils voient ou croient voir ; 2® ce qu'ils en concluent. Ce qu'ils voient, c'est le plus ou moins de ressemblance ou de dissemblance entre deux écritures; ce qu'ils concluent, c'est l'identité ou la diversité des mains qui les ont tracées... Or leur art étant purement conjectural et n'ayant aucune règle de certitude, leur avis ne peut jamais s'élever audessus de la vraisemblance ; c'est une conjecture que la loi ne permet pas de négliger, mais à laquelle elle permet encore moins d'ajouter foi; c'est un indice et un indice très peu décisif*. »

p. 410). — Ces « innombrables brochures et consultations » sont exactement au nombre de (rois.

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