Arch. Nat,, H. 439. FleaseUes à Laveinly, 22 août
n'ont même pas le courage de voir que leur conduite les déshonore aux yeux de la cour et que les fidèles sujets de la faction contraire doivent nécessairement les mépriser par le déni de justice qu^ils font au roi* Cette lâcheté, que les uns couvrent par des expressions de mauvaise volonté et les autres par des scrupules sans fondement, est la base de leur inaction...
ff Je ne vois dans tout ceci que fausseté, malvoulance et pusillanimité... Il n'y a pas un moment à perdre pour que les ministres écrivent, de la part du roi, à notre Parlement des lettres foudroyantes sur le déni de justice général par la mauvaise volonté des uns et la lâcheté dos autres; qu'il leur soit ordonné dans les vingt-quatre heures de prononcer sur les informations sous peine de désobéissance et d'indignation du roi.,. Je crois devoir le répéter, il n'y a que des lettres de fermeté et des courriers ad rem qui puissent faire marcher ces gens-ci. Le sentiment français de respect et d'amour du souverain est encore dans leur cœur, mais il est encroûté de manière qu'il fiiut en casser la coque à coups de marteau.
« Je demande pardon à M* le contrôleur général de ma véhémence et de la liberté avec laquelle je m*explique. Le décret de prise de corps faïf tous mes désirs. Une fois décerné, le roi, offensé dans sa personne et assuré par la déposition de cinq experts habiles et de probité reconnue, sera maître de prononcer le jugement et laissera la honte et le mépris aux mauvais serviteurs qui l'ont abandonné'. »
Arcli. Nat., U. 43t>. Lu Noue h Luverdj, 22 ooûl 1766.
402 LE nvc d\iguillo5 et la cbalotaîs
L^idéal de La Noue était une justice sammair et expéditive qui ressemble beaucoup à la justice à la turque, il s'exprime encore plus librement avec son ami Fonte tte : <* Le calcul fait va jusqu'au 15 octobre; ils en sont tous joyeux à cause de leurs campaj^^nes. Plusieurs sont déjà partis... Quelles gens ! Et quelle indignation le roi ne doit-il pas avoir contre eux ! Il y a apparence que M. d* Aiguillon va revenir et qu'on vou^^ renverra votre Chalot»,* Nous voyons quelques^^f uns de nos jolis juges qui sont plus honteux que^ des chiens à qui on a coupé la queue ; ils n'osent ni lever les yeux, ni parler. Je ne me console point de leur indignité et suis toujours prêt à leur marquer le mépris que j'ai pour eux. * »
Les ministres ne sont pas moins indignés : « Je viens de trouver un homme qui a des relations à la Chine, écrit ironiquement le contrôleur général, et espérance d'en avoir au Kamchatka, presqu'île de la fin de l'Asie, qui n*est séparée de l'Amérique que par un détroit. 11 nous fait espérer de bons experts de ce pays-là pour vérifier les écritures. Voilà tout ce que je peux vous dire, tant Févènement survenu est incroyable... Je suis surpris qu'on fasse tant de procédures nulles... Je ne veux pas attendre la fin du procès pour convoquer les Etats... Ils le seront au 15 novembre,..'- a
Ce dernier point surtout préoccupait le co tnileur général, qui ne perdait pas de vue s^ rôle spécial. Comment faire accepter les demandes