Procès instruit, I
3. Le lecteur pourra lui-même faire la comparaison. Nous mettons les pièces sous ses yeux.
rement les raillait déjà avec esprit. « Ils reconnaissent différents genres d'écrire dans les pièces de comparaison et pourtant ils attestent que les autres sont de la même main, et ils parlent d'évidence! Savent-ils ce que c'est que l'évidence? Deux personnes, sans même avoir pris à tâche de se contrefaire, arrivent facilement à boucler également la queue des /?, ou à raccourcir pareillement un jambage de Vm, ou à mettre une petite poche d'encre à la queue des Sj si cependant l'on peut concevoir que plusieurs individus puissent prodiguer ainsi l'encre dans la terminaison d'une même lettre. Et les points sur les i faits en forme d'accent grave ! On trouvera facilement vingt personnes faisant les points de cette manière.
« Mais il y a mieux. Sur vingt-quatre lettres de l'alphabet, les experts en comptent cinq ou six et ils en concluent l'analogie; si les autres sont différentes, comme il serait facile de le prouver, ne faut-il pas en conclure le contraire? Juger sur cinq ou six lettres semblables que les écrits ont la même source ; ne vouloir pas juger sur vingt lettres dissemblables qu'ils ont un auteur différent, ce n'est pas chercher le vrai, c'est fermer les yeux à la lumière ^ » Arguments puérils. « C'est un tas de riens qui ne produit rien. Cent zéros ne font pas un. »
C'est pourtant sur ces enfantillages qu'allait être échafaudé le plus grand procès du siècle : une accusation capitale portée contre un procureur général!