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Il n'y avait que M"* de Garadeuc

2. Arch. Nat., 01 461. Registre du Conseil des Dépêches. Saint- Florentin à de Lord, 19 novembre 1765.

104 LE DUC d'aiguillqn et la chalotais

deuc d'avoir à quitter la cellule de M. de la Chalotais.

Il proteste, supplie, déclare qu'il ne se résoudra à abandonner son père, dont la santé altérée a besoin de ses soins, que quand il verra les ordres formels du roi.

Les soldats retournent vers le commandant du château. Ils reviennent, et, pour toute réponse, ils saisissent M. de Garadeuc, Tarrachent des bras de son père et renferment dans une casemate éloignée, où Ton porta son grabat.

Ils ne peuvent même pas savoir des nouvelles Tun de Tautre. On leur interdit cette consolation.

On leur refuse de Tencre et du papier pour écrire au roi ou à leurs familles. On interdit à M. de Garadeuc de donner de ses nouvelles à sa femme *.

Si ce ne sont pas là des procédés inhumains, qu'est-ce donc? On a dit que La Chalotais avait toujours été traité avec douceur, que ses plaintes étaient exagérées, qu'il avait exploité ses malheurs.

Qu'y a-t-il de plus dur pourtant que cette mise au secret absolu, que ce régime cellulaire *qu'on n'inflige qu'aux plus grands criminels ^ ?

1. Journal des Evénements, p. 26. — Arch. Nat. , Ql 461. Saint- Florentin ù M"" de Garadeuc, 6 dée. 1765.

2. Naturellement M. Marion est de ceux qui trouvent que les prisonniers furent traités plutôt avec douceur. « On a beaucoup insisté, dit-il, sur les souffrances des procureurs généraux dans des chambres malsaines dont les fenêtres étaient masquées par des échafaudages, ne recevant l'air et la lumière que par en haut, d'un ameublement sommaire et peut-être insuffisamment préparées pour les recevoir; il importe de rappeler, pour avoir des choses une idée plus exacte, qu'il n'y eut pas là de vexation gra-

Dès le lendemain, M"® de Garadeuc avait supplié M. de Saint-Florentin de lui faire connaître les motifs de l'accusation. Pour seule réponse, le ministre interdit toute correspondance directe entre le mari et la femme. M. de Garadeuc a défense absolue d'écrire à sa femme. Celle-ci devra envoyer ses lettres à M. de Saint-Florentin.

M. de la Fruglaye demande Tautorisation de voir son beau-père. On la lui refuse. Alors il part pour Rennes. « J'y trouvai, dit-il. M™* de Garadeuc, ma belle-sœur, dans le désespoir; elle était au huitième mois d'une grossesse laborieuse, c'était la sixième sans succès. Tout exercice lui avait été interdit, elle devait garder le lit ou la chaise-longue. Sa profonde douleur avait épuisé ses forces, elle paraissait mourante; son mari avait été enlevé d'auprès d'elle avec l'appareil le plus effrayant, au milieu de la nuit, son hôtel investi de dragons; son effroi avait été extrême, sa profonde piété avait seule soutenu son courage *. »

tuite, de raffinement de cruauté pour leur dérober la vue de la mer et les rayons du soleil : ce fut une précaution nécessaire, d'ailleurs tardive et insuffisante, pour prévenir des communications dont une multitude de gens étaient toujours prêts à se faire les intermédiaires. » (Marion, La Bretagne, p. 354.)

U est certain que les fenêtres des prisonniers ne furent pas masquées par des échafaudages pour plusieurs raisons, dont la première est qu'il n'y avait pas de fenêtres à leurs cellules. Un peu plus d'arbiU-aire et un peu plus de dureté n'eût pas été pour effrayer M. Marion ; il réserve toute son indulgence — non pour les prisonniers, — mais pour les gardiens et pour les ministres qui donnaient ces ordres barbares.

On se demande cependant ce que ferait l'Université si un professeur venait à subir de pareils traitements. Ne se lèverait-elle pas tout entière pour protester?

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