Journal des Evénements, p
2. Comme le dit M. Marion, « c'était un véritable succès pour la Commission » (La Bretagne, p. 364).
On raconta que la Commission eut la cruauté de condamner à mort une fille de dix-huit ans, accusée d'infanticide, et que le bourreau, amené par elle de Paris, s'y prit à plusieurs fois pour exécuter cette malheureuse, lui faisant subir d'atroces souffrances. Cela ne prouverait guère en faveur de l'humanité et du discernement des commissaires ni surtout de M. de Calonne. (Mémoires du ministère du duc d'Aiguillon, p. 13.)
3. Pour rendre plus odieuse encore sans doute la conduite du ,Parlement, on a essayé de dramatiser la situation des prisonniers*
au plus la négligence du geôlier, et en tout cas n'était pas imputable aux procureurs généraux.
Pour les affaires civiles, c'était plus difficile : avocats et procureurs refusaient « d'occuper. » Le ministre avait fait répondre aux précédentes réclamations de ces derniers qu'ils n'avaient point besoin de nouvelles instructions de leurs clients et que la mise en liberté de leurs trois confrères dépendait de leur conduite.
Le syndic est chargé de réitérer à M. Le Pelletier les protestations de la communauté : « Ils ne peuvent être taxés d'intérêt personnel, car sans état et presque sans vie depuis longtemps, la plupart sont dans l'impossibilité absolue de faire aucunes avances ; mais ils ne sauraient, sans manquer à l'honnêteté et s'exposer ii un désaveu formel, agir avant d'avoir reçu un nouveau mandat de leurs clients. »
Le 16 décembre, un arrêt de la Commission leur ordonne de préparer leurs causes sous quinzaine, sous peine de les voir jugées par défaut avec la validité d'une décision contradictoire.
C'était grave. Malgré tout, les procureurs, réunis en assemblée générale le 11 janvier 1766,
a Ils étaient deux cent trente-cinq enchaînés avec des anneaux de fer rivés sur Tenclume et gardés à vue par des patrouilles de dragons. » (Marion, La Bretagne, p. 364.) C'est complètement inexact. Le ropport officiel des commissaires constate qu'ils étaient au nombre de cent dix et « que la prison ne devait sa sûreté actuelle qu'à une palissade de bois hérissée de piques, nouvellement construite, et à la garde militaire qui entoure le dehors. » {Procès instruit, I, p. 319-328.) On ne manqua pas du reste de présenter oux commissaires los ordres d'écrou et de sortie signés par La Chalotais. Mais copie de ces ordres avait déjà élé envoyée b. M. de Laverdy. (Arch. Nat., H. 437. Le Pelletier de Beaupré à Laverdy, 5 décembre 1765.)
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déclarent de nouveau qu'ils ne peuvent ni mettre leurs affaires en état sans le consentement de leurs clients, ni siéger sans les avocats, les ordonnances réservant formellement la plaidoirie à ceux-ci dans les audiences publiques *.
Les procureurs au Présidial opposaient la même résistance aux objurgations du sénéchal de Coniac. Le gouvernement ne pouvait cependant jeter en prison ces intraitables barbouilleurs de papier timbré pour les forcer à grossoyer * .
Mais la véritable mission et le but principal de la Commission était de faire le procès des cinq magistrats. Pendant le mois de décembre. Galonné multiplie les perquisitions. C'est au milieu de la nuit que les subdélégués Audouard et Raudin procèdent à ces opérations de police chez Tavocat Etasse, chez le chanoine Audren du Roscouët, chez Guillard, garde de Thôtel des Monnaies. Ils emportent des monceaux de papiers. On fouille la cellule du P. Launay, domi-