Procès insiruU, I
avec zèle, il entendit trente-huit témoins du 5 décembre 1765 au 27 janvier 1766*. On s'entourait de mystère, les déposants étaient assignés quelques heures seulement avant l'interrogatoire et surveillés de près. Ils comparaissaient au Palais en la chambre de la Tournelle. Ils furent appelés sans ordre, leurs témoignages se rapportent tantôt à un fait, tantôt à un autre. Groupons-les en quelques lignes.
Une femme Certain vient déclarer qu'une femme de chambre de M™* de la Fruglaye lui a dit qu'elle avait entendu dire à sa maîtresse que M. de la Chalotais, étant à Versailles, avait écrit à sa fille que M. de Saint-Florentin lui avait rapporté mot pour mot tout ce qui s'était dit au Boschet; il en était donc informé. Ce sont là propos de domestiques, mais tout était bon atix accusateurs.
Des cavaliers de la maréchaussée, des gardiens de prison rendent compte des nombreuses arrestations opérées par l'ordre du procureur général. Quelques individus auraient été enfermés sans motifs portés au registre d'écrou*^.
Passons à la gravure des Ifs. M'*®' Marie et Pélagie Vatar, qui tenaient la librairie où se réunissaient les magistrats démissionnaires et où tous allaient chercher des nouvelles, ne l'ont ni distribuée ni vendue, elles l'ont vue seulement circuler entre les mains de ceux qui venaient chez elles. Et ceux-ci étaient nombreux. On en appelle plu-
1. Les mauvaises langues racontèrent cependant qu'un jour, )e6 jonvier, les témoins assignés attendirent vainement Le Noir. Il leur fît dire qu'il avait une pattie de piquet à terminer avec M"** de Flesselles et qu'ils eussent à revenir le lendemain. (Procès instruit, I, 161.)