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Les fenêtres étroites et longues, que Ton peut -voir encore du côté du port, furent murées jusqu'à sept pieds de hauteur, le reste garni de barreaux de bois, et, pour comble de précaution, des espèces de hottes ou d'auvents furent placés en dehors des grilles, empêchant toute communication avec l'extérieur, mais interceptant aussi Tair et la lumière. On remarque encore sur les jambages extérieurs les excavations creusées dans les revêtements de granit où étaient scellés les crampons soutenant les grilles en bois et les patte fiches portant les hottes '.
Les prisonniers obtinrent la permission de prendre Tair sur l'étroite terrasse ménagée au haut du rempart qui joint la Générale à la tour des Dames pendant une heure par jour. Mais on eut soin d'établir une palissade en planches sur le bord du fossé, de façon à arrêter les regards indiscrets.
Les magistrats se trouvèrent fort mal dans ces étroites cellules. « A mon âge de soixante-cinq ans, dit La Chalotais, tourmenté d'une oppression de poitrine, ayant contracté dans les cachots du château du Taureau et de Saint-Malo une infirmité qui, suivant les consultations des médecins, abrégera ma vie de plusieurs années, je suis
1. Arch. d'Il.-et-Vil., C. 1009. 110 livres de fer, à huit sous la livre, furent employées pour les pentures et les gonds des portes. Ces aménogements coûtèrent 1,059 livres. Il semble qu'on eût dû payer celte somme sans retord ; il n'en fut rien, l'on fit attendre longtemps les malheureux ouvriers. L'ingénieur Mazin, qui les avait dirigés, dut réclamer en leur faveur : « Ces gens sont tous les jours à ma porte, je n'ai pu me dispenser de leur donner quelques écus pour avoir du pain ù leurs familles. » Cette dcftte ne fut réglée que le 31 mars 1767.
186 LE DlC DAIGUILLON ET L\ CHALOTAIS
privé d aii% respiraol par tin vasistas pendant^! ringt-quatre heures de la journée des vapeurs âi^M soufre et do goudron.,. Ou a embarr*i9sé ma fe^^ nètre d'échafaudages pour intercepter Fair : les vapeurs de soif, de poix, de soufre et de goudron du port de Saint-Malo m'ont causé, ce printemps, j deox défaillances K fy
(f J'ai été forcé, dit La Gàcherie, d'habiter une année entière dans le cachot le plus étroit et 1^^ plus malsain, d'y lutter tout Thiver ou contre l^H rigueur du froid ou contre la nécessité de perdre par une épaisse fumée la respiration et Fusaga^y de la vue, privé totalement d'air, au point dl^M m'évanouir faute de respiration, privé presque ' absolument de lumière dans un cachot dont le^^ fenêtres étaient murées jusqu'aux derniers cai^H reaux, ceux-ci même étant recouverts en dehors^" par des hottes de bois -, n ^i
(f J'étais enfermé avec un domestique au châ^| leau de Saint-Malo, écrit à son tour Charette de^" la Golinîère, qui était un jeune homme de vingtsix ans, dans une chambre d*in valide, Ui plus malsaine par sa position; la fenêtre, murée jusqu*à rimposte et grillée dans le surplus, fut encore garnie, à l'arrivée des commissaires, d'ui échafaudage de bois en forme de hotte, qu! s'élevait presque jusqu'au linteau, de maniêre^i que je ne pouvais recevoir que perpendiculairfl^B ment Tair à peine nécessaire pour la respiratio^^ et qu'il était impossible que je visse ou fusse vu de personne. L'humidité des murs baignés deu
1, Second Mémoire, p. 82^ et Leitrc h M. de Saint- florttU^ p, 137.