‹ Le pouvoir absolu et l'esprit provincial (volume 3)Chapitre 72 sur 187 · Mémoires manuscrits de M. de la Fruglaye · texte numérisé non relu

Mémoires manuscrits de M. de la Fruglaye

200 LE DUC D*\IGUlLLO>' ET L\ CH\LOTAIS

La Commission se réunit pour la première fois le 24 jîiTivifr 17(ïP»; Me se constitua par Fonregistrement des lottn-s patentes du 20 janvier 1766, qui lui prescrivaient de juger les magistrats accusés. Elle prit le titre do « Chambre royale criminelle » et ordonna IVipport à son grclTe de toutes les procédures, informations et pièces relatives au procès.

On avait aménagé pour ses séances la salle dij rez-de-chaussée du Grand Donjon, dans Tintérieur nif^me du chAtcau; on prit sur le logement de M. Scott deux pièces destinées Fune à la buvette et l'autre à la Chambre de Tournelle où devaient avoir lien les interrogatoires ; cette dernière fut meublée avec une simplieit(!' imposante; oh ferma des portes et on en ouvrit d'autres afin de rendri les communications plus faciles avec les prisonJ niers *.

Ceux-ci ne tardèrent pas à être informés di Tarrivée des commissaires ; ils durent éprouvci*' une sorte de soulagement. Tenus an secret depuis plus de deux mois, ils allaient enfin trouver des juges et connaître les accnsations portées contri eux,

La Chalotais se décida alors à tenter une démarche peut-être hardie, mais qui prouve en s faveur. 11 fit demander à Calonne une entrevm

1. La ([ç-roiide sane^ sitot^e ou ceiilre, fui dispoMt-e pour V §éaacea ; oq tînl n lui donner une certaine oppnrenoc de ««ilennité ; eUc fallendu*^ de poi'tiêrea en î^erge roug-e de Ciipn, juî milieu fut plBcé OTTi biireau avec un pupitre pour le préaidcut, et dessus une érritoirc de faïence qui iNJÙla 15 soiis, rempHu d'une pinte denerc qui en «rotiln 30, Dix- huit fiuiLeuîls de tii|>is3cne furenl loués nu sieur Grmidihomp à ruiâou dû 10 sous

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(Areîj. cî'Il,-el-ViL, G. 1009.)

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Celui-ci, qui avait déjà repoussé pareille requête à Rennes, n'osa pas cette fois s'y dérober.

L'entretien dut être cui*ieux. Les deux interlocuteurs s'étaient déjà rencontrés à Versailles, l'un déjà en disgrâce, l'autre sur la- voie de la faveur dont il ne cessa de gr,avir rapidement les échelons. Tous deux noud ont laissé le récit de cette visite, mais combien différent!

La Chalotais voulait faire appel aux souvenirs de son ancien collègue. « Je trouvai, dit-il, un homme monté sur des éohasses, haussé de plusieurs pieds... s'étalant, se pavanant, fort satisfait d'être ce qu'il était et du rôle qu'il jouait ^ »

Il débuta par quelques compliments : il avait été heureux d'apprendre qu'il était entre ses mains, parce qu'il connaifesait ses sentiments.

Galonné répond qu'en toute autre occasion il serait charm^ de lui témoigner sa considération, mais qu ici il ne s'agissait que de son devoir, 11 l'exhorte d'amitié à lui faire confidence de la conspiration, qui était feonstante en Bretagne, contre le%oi et ses ministres ; ce serait le moyeu de rentrer totalement en grâce auprès du prince. — Ces conspirations feont une pure chimère, réplique La Chalotais.

Calonne parla alors avec une si grande intelligence, une connaissance si parfaite de toute la province, du mérite et de la probité de chacun, que je ne pus m'empêcher de lui témoigner mon étonnement et ma surprise et de lui demander s'il était venu de Douai et de Paris pour m'apprendre qui étaient les honnêtes gens et

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