‹ Le pouvoir absolu et l'esprit provincial (volume 3)Chapitre 71 sur 187 · Premier Mémoire^ p · texte numérisé non relu

Premier Mémoire^ p

3. J.-6. Fevret de Fontette était alors âgé de cinquante et un ans. Ses lettres de nomination portaient que « Sa Majesté l'envoyait commander à Saint-Malo pendant le temps que la Coiswsâ&^v^tw

198 LE DlC irAIGi:iLLO>' ET LA CHALDTAIS

En même temps, F^xempt Duchesne partait de Rennes avt^r iim* brîj^ïule de maréchaussée, ainsi quun bataillon du régiment de Berry destiné ^^À assurer Tordre, Mais les Malouins, fort *suscep^H tibles en cp qui toucluût à leurs privil«?ges, refusèrenl d'ouvrir leurs portes aux soldats ; ceux-ci durent aller cantonner à Saînt-Servan. -

La Commission reçut les honneurs strîetement obligatoires- La communauté de ville alla rendre visite à M. de Beaupré, qui ne eacha pas qu'il n'avait accepté cette mission qu'avec la plus \iv< douleur et sur le refus réitéré du Parlement

Mais les simples particuliers témoignaient ai commissaires la plus grande froideur et refusère de les recevoir, l 'n concert public, entretenu par des amateurs^ avait cessé dès l'arrivée des prisonniers-,

M. de la Fruglaye, gendre et beau-frère

emplfjîera à eitomiiipr le procè» dea prîsonnîel^ accusés. >> (Jouf nal tira Efèuements, p. 5H.)

i,Journafde» E^'incmcnU, p, 5t>. — Les eommisiaircs parvinrent non Bons quelque peine h trouver des logements dans rétroitc et pittoresque cilé. « Quelque pelilc que soit la ville do Saînt-Malo. nous sommes tous étoblia unsex rommodênient et même mieux qu à Rennes, En mon parlîrulîer, j'ai trouvé une grande maison qui était vide et snns niteuiiîes. Je 1 ai aussitôt fuît {irranger et j'ai retiré troî» de MM» les mnitres des requêtes avec moi.» (Arch. Not., H. 439. Le Pelletier de Beaupré à Laverdj, 23 jonv. 1766.)

2. Le /oitrnai de^ Ei'ênfntcnla ropporte ce trait cnn*elérislîque : n Le ïrnîleiir Gaigïieui, qui !>ert les prisonuters, marehandait un turbot dont il offrait 18 livres. Lp pourvoyeur de M. Le PcOeticr survînt et en offrit 60 livres. Le prêcheur, entendant dire que eet boinme fainaît les provisions de la table des roinmiflsaire», répondit brusquemcut : « N'y o rien iei pour les g-nr^ de Paris. Je veux ifue nos ehers prisonniers manj^ent ce poisson. Voua m'en offririez en vain 50 éeu», J'uinierais mieux le f.*» à In mer que de vous le vendre, n Gaigneux eulevo le turbot au prix qui offraiL IJottrnai des Etfènemenlg^ Première suile^ p. 93.)

des deux principaux accusés, fut, au contraire, comblé de prévenances et de bons offices. « Jamais l'horreur pour les persécuteurs et l'intérêt pour les persécutés ne fut plus prononcé, dit-il. Aucun des membres de la Commission du Conseil ne fut reçu dans aucune maison, on voulait m'inviter à dîner et quoique ce fût le carnaval, il n'y eut ni assemblées, ni bals. Le deuil était général. Les familles les plus considérées m'ouvrirent leurs maisons et quelques-unes m'offrirent leur bourse, notamment les Plouer, les Boisgarin, les Magon, les La Villegillc, les With, les Bauhal...

<c M. Scott, commandant du château, promit d'avoir des égards pour les prisonniers, qui ne devaient communiquer avec personne , mais M. d'Aiguillon envoya à Saint-Malo M. de Fontette pour surveiller Scott et je ne pus plus avoir de nouvelles que par M. Le Noir, rapporteur de la Commission, et M. de Calonne, procureur général. Le premier était honnête, mais le second était impératif et insolent au dernier degré*. »

M. de la Fruglaye songea même à faire évader M. de la Chalolais par la chambre d'un invalide qui demeurait au-dessous du prisonnier; celui-ci aurait pris les vêtements de la femme de l'invalide et se serait embarqué pour passer à l'étranger. Mais M. de la Fruglaye ne voulait user de ce moyen que si la vie de son beau-père était menacée ; et j'avoue, dit-il, que je ne pouvais me persuader que le résultat de cette affreuse procédure pût être aussi funeste.

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