Procèt uutruU, lU
— Voulez-vous éviter la foudre qui est prête à tomber sur vous, lui dit brusquement Audouard, et au contraire mériter la protection de M. le duc d'Aiguillon? Il faut que vous me racontiez tout ce qui se dit et se passe chez vous.
— Je ne sais rien, répondit-elle, je n'ai entendu parler que de la misère des temps.
Cette scène se renouvela plusieurs fois, car Audouard ne s'en tint pas à cette première tentative.
Enfin, un soir, celui-ci lui dit :
— M. le duc est très irrité contre vous, il veut que vous parliez des six détenus.
— Je ne les connais pas, je ne connais que M. le procureur général et je n'en ai jamais entendu dire que du bien.
— Ah! quel blasphème! Il y a contre lui des preuves « par dessus la bonde. »
Alors il l'emmène à l'hôtel de Blossac, elle entre par la petite porte du jardin près de l'église Saint-Sauveur', elle monte un escalier, pénètre dans une grande salle où il y avait un grand feu et un paravent autour; on la laisse seule, puis deux ou trois messieurs paraissent; l'un d'eux, qu'elle croit être le duc d'Aiguillon, lui dit :
— Vous serez donc toujours rebelle à mes ordres; savez-vous que je représente le roi? Il faut que vous déposiez des faits dont les six magistrats sont accusés.
— Monsieur, je ne sais rien contre eux et je ne puis pas déposer contre ma conscience.