Cette petite porte existe eacore
238 LE DUC d\îgl-illon et l\ chalotais
— Alors je serai oblige de vous faire sentir la pesanteur de mon bras
I! faudra la mettre à la presse et murer ss boutique, renchérit Audouard. ^i
Elle sortit très effrayée, mais sans avoir riâ^H révélé. ^^
Quelques jours après, le 13 février, le subdélégué vint dire à M'"^ Garnier qu'il fallait se rendre à Saint-Malo, Malgré ses protestations, à minuit elle reçut une assigrmiion et partit à quatre heures du matin. Là, elle fut tournée et retournée dans tous les sens. Les deux cooimiss aires Le Noir et Jouville la prirent eu particulier et la pressèrent de questions; ils ne purent riei obtenir K
Si ces faits sont exacts, on comprend lei gravité; le duc d'Aiguillon et Audouard auraient tenté par promesses et par menaces de peser sun des témoins.
Les démarches, les sollicitations et les ins-" tances d'Audouard ne sont pas contestées, — c'est déjà trop, — Le procureur Bureau affirme qu'il était de notoriété publique à Rennes qu'il cherchait partout des témoignages contre les magistrats accusés, et Linguet avoue qu'étant chargé de se procurer des renseignements sur un procès important, Audouard s'était naturelle-^ ment adressé aux libraires de la ville". L'avoea du due d'Aiguillon a consacré de longues pageâ à démontrer Tinvraisemblance et l'impossibilité de la visite à Thitel de Blossac. Elles ne sont pas
1. Procédurtê faîte» en Brei&gnr^ p. 20-53; — Procès instruit, Ul, 4-7, note,
2, Procédures faites en Bretagne, p. 46, 270.
et
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concluantes. Ce sont des phrases et non des preuves.
Il y a deux objections sérieuses : M™* Garnier dit avoir reconnu M. de Fontette parmi ceux qui entouraient le duc ; puis elle prétend qu'on lui a parlé des six magistrats. Or M. de Fontette était alors à Saint-Malo et M. de Kersalaûn n'était pas encore arrêté, il n'y avait donc que cinq magistrats détenus et non six.
Ces objections sont-elles dirlmantes ? Non ; M"® Garnier, racontant ces faits quatre ans après, en 1770, a pu se tromper sur la personnalité de M. de Fontette, qui d'ailleurs se trouvait peutêtre à Rennes, où il venait quelquefois ; et il n'est pas surprenant qu'elle ait parlé, sans réfléchir, des six magistrats^ expression qui était tombée dans le langage courant.
Peut-on arguer de faux ce récit que M™* Garnier répéta deux fois devant les juges, en termes presque identiques, à Rennes et à Paris, et soutenir que cette femme a imaginé de toutes pièces cette histoire romanesque ? Gela parait difficile, car elle fut confirmée par d'autres témoins, MM. de Derval et de la Souallaye. D'ailleurs, le Procès instruit extraordinairement, qui fut publié en septembre 1768, mentionne déjà l'entrevue; le fait était donc, dès cette époque, connu à Rennes '.
Vint ensuite un autre témoin, mais celui-là
était détenu. C'était le malheureux de Reynes.
On l'avait amené de Versailles à Saint-Malo. Or
il n'apprit rien de nouveau. Il résulte de son