‹ Le pouvoir absolu et l'esprit provincial (volume 3)Chapitre 94 sur 187 · Second Mémoire, p · texte numérisé non relu

Second Mémoire, p

250 LK DUC d'aiguilion et la chalotais

suite dans laquelle on violait à la fois Féq et le texte formel de la loi^ en refusant un défenseur aux accusés*

Aussi l'on peut s'imaginer l'émotion que produisit dans Ifî public ce plaidoyer accablant, que K*. jirisonnier réussit l\ transmettre à son gendre, qui put bientôt le faire imprimera II se répandit comme une traînée de poudre. ^H

A ce Mémoire était jointe une Addiiiony dai^^ Uupieile La Chalotais jïrend à partie personm^lement M. de Calonne. H lui rappelle ses perfidies : la négociation de Versailles, la lettre oubliée sur le bureau de Maupeou, Tentrevae de Saint-Malo, et il termine par de virulentes invectives ; « M.de Calonne parait avoir pris à, forfait notre condamnation... Je ne dis pas qu'il soit traître, mais je dis qu'il m'a trahi, apparemment par raégarde, en égarant son portefeuille. Je ne dis pas qu'il soit un calomniateur, mais je dis (|u'il avance comme vrais des faits qu'il sait positivement être faux... Je ne dis pas que c'est lui qui a imaginé le fond de TaiTaire, mais je dis que c'est lui qui a ourdi la procédure et qui Ta j dirigée- Je ne dis pas qu'il ait clierché de dessein I prémédité à nous rendre coupables, mais je dis qu'il a écarté à dessein tout ce qui tendait à notre justification et à la preuve de notre innocence. Je ne dis point que M. de Galonné soit aussi prévenu qu'il paraît l'être par ses propres connaissances, car sitôt qu'un ministre lui dit des choses contraires à ce qu'il sait positivement et à ce qui s'est passé sous ses yeux, il y renom

L Mémoires intmusrrits de M. de la Frugloye.

et ne croit plus à ce qu'il a vu de ses yeux et entendu de ses oreilles*. »

Il y a sans doute dans ces apostrophes véhémentes quelques exagérations, mais peut-on en faire un crime à un homme si injustement accusé ?

Galonné ne voulut pas rester sous le coup de ces invectives sanglantes ; il publia en septembre 1766 un long plaidoyer pro domo sua. C'est une apologie remplie de belles phrases, mais assez pauvre d'arguments. Il est vrai qu'elle est suivie d'un témoignage de satisfaction du roi : « Vous n'aviez pas besoin de justification auprès de moi. Je rends justice à vos talents et à la droiture de votre conduite; comptez sur toute ma protection 2. »

Mais cette approbation donnée par Louis XV ne fut point partagée par le public, qui pensa dès lors et qui pense encore que Galonné commit par intérêt personnel une mauvaise action.

Ge sentiment se trouve nettement exprimé dans ces lignes : « M. de Galonné ne se rendit en Bretagne que pour suivre cette odieuse besogne et surtout aviser aux moyens de trouver MM. de la Ghalotais coupables 3. » — « Il est inconcevable que deux hommes au fait de la procédure criminelle, dont l'un a été procureur général d'un Parlement et l'autre lieutenant criminel du Ghâtelet (Le Noir et Galonné), se soient prêtés à faire et à suivre une procédure aussi monstrueuse,

1. Addition au second Mémoire, p. 93 à 108 des Mémoires de M. de la Chaloiais, p. 104, 107.

2. Mémoire présenté au roi par M. de Colonne, maSire des requêtes, 1" septembre 1766, in-4**, imp. royale.

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