II. Interrogatoire de Charette de la GûcLerie
III. Interrogotoire de Picquet de Montreuil. — Interrogatoire de Charette de la Colinièrc.
IV. Nouveau réquisitoire de Galonné. — Arrestation de M. de Kcrsalattn. — Son arrivée au château de Saint-Malo.
V. L'échafaud a-t-il été dressé pour mcllre à mort les prisonniers ? — L'épisode des deux courriers. — Récit de M. de la Fruglaye. — Démenti du duc d'Aiguillon. — Dissolution de la Chambre criminelle.
VI. Protestations dii Parlement de Paris. — Ses remontrances successives. — Séance de la « flagellation. »
Les autres prisonniers subirent aussi de longs interrogatoires, qui n'eurent pas cependant l'importance de celui du procureur général et, sur beaucoup de points, ne font que le répéter et le reproduire K
M. de Caradeuc fut interrogé concurremment avec son père, mais séparément, bien entendu. Le Noir fît des efforts habiles et multiplia les
1. Ces interrogatoires forment le second volume du Procvs instruit extraordinairement et comptent plus de 500 pages. Celui de If. de Caradeuc occupa cinq longues séances et eut lieu les 28, 30 et 31 janvier 1766. Procès instruit, II, 165-276.
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demandes captieuses pour amener les a'ccusés à se contredire et se trahir les uns les autres. On peut dire qu'il s'acharna sur M. de Garadeuc; il le tourna et le retourna dans tous les sens. 11 passe sans transition d'un sujet à l'autre, entame une question, l'abandonne, en aborde une autre, revient brusquement à la première; il s'avance, se replie, repart ;* parfois insinuant, souvent brutal, toujours difficile à suivre. Malgré tout, il ne put rien obtenir et ne réussit pas à trouver dans les aveux du fils un grief contre le père.
Et pourtant Garadeuc n'a pas la puissance d'affirmation et la réplique acérée de son père, il se laisse aller à des explications, à des atténuations qui semblent quelquefois un peu puériles. Le Pelletier disait crûment « qu'il était plus ingénu et plus bête que méchant ^ » Ainsi il avoua un peu naïvement avoir reçu des lettres de sa femme au château du Taureau et aux Gordeliers.
On l'interrogea sur l'affaire Audouard 2. Garadeuc se défendit d'avoir exercé aucune pression sur les juges ; il ne faisait rien, dit-il, sans consulter son père, et il ajoute :
— Quelle que soit ma façon de penser sur Audouard, je n'ai eu aucun mauvais dessein en donnant des ordres pour le procès à la suite duquel il a été condamné; je puis avoir commis des fautes, mais on ne prouvera jamais que j'en aie commis par mauvaise intention, animosité ou vengeance ^.