‹ Le pouvoir absolu et l'esprit provincial (volume 3)Chapitre 97 sur 187 · Procès instruit, II · texte numérisé non relu

Procès instruit, II

C'était la vérité. Les procureurs généraux virent peut-être sans déplaisir Tavanie infligée au subdélégué, âme damnée de d'Aiguillon, mais ils n'outrepassèrent pas leurs droits. Le point sur lequel l'enquêteur insiste surtout, c'est l'attitude de Caradeuc aux Etats de Nantes ; il y revient à trois reprises différentes et pose à celui-ci des questions embarrassantes ou subtiles sur ses relations avec Kerguézec, avec la duchesse de Rohan, sur les prétendus relais établis entre Nantes et Rennes. Ce bruit vint d'un mot prononcé à un diner chez Caradeuc, où l'un des convives dit en riant : M. d'Aiguillon a des courriers, mais on assure que le bastion en a aussi.

Caradeuc reconnaît qu'en certains cas on a fait venir des gentilshommes pour voter, mais il nie les brigues et l'influence du Parlement sur les Etats; quant à lui, il a agi de tout son pouvoir pour faire réussir les demandes du roi* notamment le secours extraordinaire. Dans l'affaire des chemins, il n'a pas toujours approuvé ce qui se faisait, « mais on peut être contraire à M. d'Aiguillon sans être opposé au roi •. »

Toutes les démarches de M. de la Chalotais tendaient à perdre le commandant et toutes ses lettres à exciter son fils contre celui-ci, par suite à contrecarrer les volontés du souverain au moment où il était chargé de les soutenir.

Caradeuc proteste vivement : son père ne lui a jamais inspiré des sentiments de haine et dé vengeance contre le duc, lui-même a toujours fait preuve de zèle et de fidélité pour le service du roi

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