‹ Le pouvoir absolu et l'esprit provincialChapitre 147 sur 178 · Arch. du Pari., B. 73. Le Parlement au roi, 7 déc · texte numérisé non relu

Arch. du Pari., B. 73. Le Parlement au roi, 7 déc

2. « Il n'y a pas d'exemple, écrivait le vice-chancelier au premier président, de la démarche que le Parlement de Rennes vient de faire en renvoyant les lettres patentes que le roi lui avait adressées le 7 novembre dernier. Il est fâcheux pour vous qu'une compagnie dont vous êtes le chef ait pris un parti aussi extraordinaire et que le roi puisse avoir lieu de douter que vous lui ayez fait faire à ce sujet toutes les réflexions que la matière exigeait. » (Arch. Nat., 0* 4G0. Maupeou à d'Amilly, 16 décembre 1764.)

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pas jugé k [jropns do recevoir. Xous lui avons en] même temps ordoriiK'^ de faire toutes diligences] nécessaires pour que vous procédiez suus délai! k nouvelle didibérulion sur l'enregistrement de! not^dites lettres patentes'. »

Et M. de Caradeuc, qui était k Nantes^ reçut Tordre de revenir à Rennes, de présenter ces lettres k la Cour et d'eu requérir renrcgistn-nient.

Les eliambres s'asseniblér*!ut le 22 décembre, cinquante-six magistrats étaient présents. Mais le Parlement déclara pui^ement et simplement qu'il n'y avait plus lieu de délibérer^ il conlirma sou arrêt du 4 et le renvoya au roi avec sa lettre du 7. Le tout était adressé à iL de Sfiint-Florentîn avec la Icllre d'envoi habituelle -.

De plus, le Parlement maintenait sa décision j de rester eu qmdque sorte en permanence : ^ Ce même jour, la Cour a arrêté qu'elle entrera lundi 24 et samedi 20 du présent mois et que les nienibr(*s dv la Cour qui ont assisté au présent ari'ét ne pourront désemparer sans cause légitime qu'ils proposeront k ladite Cour, et que le présent

1. Arch. du PnrL, M, 73. Lettres pateules da \û déc, 1764. Original »îgiic : Lonis.

2. Oii retimrrjtn.ira que le Parlcnif^nt ne von voyait pas cette fois au roi les IcUrea pnletiti*», maïs seulomoiil ses orréls et su lettre. Oti o dit souvent que le Purleituent rcDvoya iiu roi ses letlres patentes sufj» les ouvrir. C'est une erreur. Les letlres pateolca du 7 novembre, qui furent renvoyées le 7 déreaibre 1764^ ovulent élè ouvertes, car Je Registre seeret dît qu'elles furent lues au burenu, chutnbres nâseniblées, par M* de Rosily, eonseiller. (Heqitiirr secret, 13 novembre lîB'**) Et te 2"! décembre le Parlemeiil refii!*a de délibérer sur len leUrea patentes, mais ne les retourna |(ns, il ordoiiuo seulemt'iit «|u'eJleî5 fiemettrfrtiicid au greffe. C'est nu r'i ni traire le paquet, renvoyé de Paris nu Parlement le Ki dél'ombre, qui fut retourné saw* */«ï/ eiU eiè ouvert* (Exposé jitstificaiif, p, 37.)

arrêt subsistera jusqu'à ce que par la Cour il en ait été autrement ordonné, »

Cet ajournement à date fixe était une nouvelle et plus instante menace, le Parlement cessait le service et les conseillers recevaient Tordre de ne pas quitter la ville jusqu'à ce qu'il eût obtenu satisfaction.

Ce fut à cette audience du 29 décembre que l'avocat général du Parc-Porée dénonça un fait qui blessa fort les magistrats.

Le 18 décembre précédent, un nommé Rolland, greffier de la châtellenie de la Chapelle-sur- Erdre et homme d'affaires du conseiller de la Gâcherie, avait été brutalement arrêté. A minuit, trois cavaliers de la maréchaussée réveillent Rolland et lui ordonnent de se lever pour aller parler le lendemain au duc d'Aiguillon.

— Ne craignez rien, lui dit l'un d'eux en manière d'encouragement, vous ne serez pas pendu, mais vous aurez la tête bien lavée.

Et comme il ne se hâte pas assez, ils l'empoignent, lui mettent les menottes et l'emmènent à pied à Nantes. Là on le fait monter en voiture, il est conduit à Rennes, où le subdélégué l'interroge, puis il est dirigé en poste sur Paris et enfermé à la Bastille*.

Quel était donc le crime commis par cet homme? On se rappelle que quand La Gâcherie

1. Arch. Nat., H. 631. Mémoire adressé au Parlement par la femme de Rolland, et Registre secret, 29 déc. 1764. (Voir plus haut, p. 429.)

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fut mande à Versailles, Saint-Florentin lui fît un grief (l'avoir provoqué des recherches sur Tadministration des chemins. Le conseiller répondit qu'on n'accusait pas un magistrat sans preuves et que les faits allégués n'avaient aucune réalité K D'Aiguillon fut piqué au jeu, il n'aimait pas d'ailleurs La Gâcherie qu'il considérait comme une mauvaise tète et qu'il avait déjà fait arrêter en 1757 -. Il envoya à son oncle (( plusieurs lettres qu'il avait reçues l'été précédent des recteurs et syndics des paroisses voisines de la terre de M. de la Gâcherie, par lesquelles ils l'informaient des perquisitions secrètes que celui-ci y faisait faire sur son administration. Dans quelques-unes, on nommait Rolland, son greffier, comme le principal agent de cette intrigue^, » Quinze jours après, le duc recevait, à Nantes, l'ordre de faire arrêter Rolland, et il expédiait dans ce but la maréchaussée à la Ghapelle-sur-Erdre.

Quand donc il fait dire à son avocat : « M. 1 duc d'Aiguillon n'avait été la cause ni de Tenlèvomcnt de cet homme ni assurément de ses réponses : cependant le Parlement l'avait accusé do l'enlèvement, et les auteurs de la manœuvre (contre les (xrands Chemins) étaient déterminés à so venger sur lui du mauvais succès qu'elle avait

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