‹ Le pouvoir absolu et l'esprit provincialChapitre 176 sur 178 · sixième Développement, p. 44 ; 3 juin · texte numérisé non relu

sixième Développement, p. 44 ; 3 juin

2. Sixième Développement ('a' Mémoire), p. 44. — Procès instruit, II, 108.

y a évidemment dans cette lettre, qu'on n'a point pn>duite et qne nul n'a jamais vue, une fable ridicule, à moins qoe ce ne S(3it, comme le croyait La Chalotais, une pure calomnié, une invention mensongère de d'Aiguillon, a Je ne sais qui il voukdt désigner ]>ar le bonhomme', dit-il, mais

1. Procès inséruii, U, 108^111. — Exposé Juâttficati/', p. 'i8-50,

— Sixième Bcvctoppement, p. 45.

NaturellemeiU, M. Murian ndcipte^ comme tous les nccusaleurs de La CbululniH, lu « lpg;êiicl«i du pièg^e. « « M. iîp lu Chniotuis fflil l'roîrc nu rontràleur g^éuéntl^ dit-iï, qu'un séjour forcé U Rt'nhes lea rendra Sftgea.,, et le ministre mai avisé donne en plein d«ns le piègft^ i» {t,a Brçiagnr, 337-338^) Il suffi l pourlnnt d'un simple rapprocbcmeiQt da fuit« et de riales pour se convaincre de la fausseté de cette accusoliou. Le ton échoofFé dei* billets de Lo Chnlutiûâ — qae M. Mariou ne rite pas — exclut m^me toute idct!: de maeliïnatîon et de piôjire. La lettre du niini&tre du 3 juin

— que M. Marion no cite pus non plus — est formelle. Mais^ d après lui, la décision prise « ne prouve nullement que le procureur général irait pas âciemment donné au minî^lro des conseils funeslcs. w— Je deniandi* alors quel j^enre de preuve il faudrait pour convaincre les aecusoteuirs de La Ghalotaîs. Je crois qu'il Tiy en a pas.

Viw contre, M. Marion n'est pas éloigné d'ajouter foi à répi- Boile do la lettre du w bonhomme dans h panneau *> (p, 336, lïote 1}* fl [1 sprnit intéressant^ dit-il, de savoir h quoi s'en tenir sur l'authenltcitc de cette lettre,., rurij^iunl n'a pas, croyons-ntm», été retrouvé,.. » 11 y a « ccio une bonne raison, c'esit qu'elle n*a jamais existé. On abuse d une parole du conseiller Fourclié de Quéhillnc, qui nnrnît dît devant le lîU et la bellc-fiUe (et non In fille, connue dit M. Mnrion) de La Cbalotaiii que le duc d'Aiguillon lui avait montré la copie de cette lettre. C est La Cbalolnis lui-même qui n fait connaître cette parole et qui prétend l'invoquer contre le due au cas où telui-ci nierait ïe mensonge qu'il a commis, fl Un point incontestable, c'est que les raiâon.H qu à alléguées M. de In Cbalolain, pour démontrer qu'il élait îinpoHSïblc qu'il eût écrit cette lettre» ne prouvent rien, w conclut M. Mnrion. Ainni, d'un côté il y a un dénusnii catégorique de Lu (Ghalotaîs et Je défi de produire cette pi<>ce ; de l'nulre il n'y a pi*B même 1 ombr& du semblant d'une opporence de preuve; mais malgré tout La Chalotais a tort aux yeux des défenseur* du duc d'Aiguillon. Comme si, au cas où cette lettre eût existé, les accusateurs de La Chulolais ne se fussent pas empressés de la produire au procès!

je sais que je n'ai jamais écrit cette lettre. Je défie M. d'Aiguillon de la faire voir, je le somme de la montrer, de nommer quelqu'un à qui je l'ai écrite. » Ce démenti catégorique, corroboré par le défaut de preuves contraires, suffira aux gens impartiaux.

La correspondance du procureur général montre que si La Ghalotais n'était pas en faveur à la cour, il était encore à ce moment considéré et tenu en haute estime par certains ministres. On lui demandait son avis, on escomptait son influence.

Or, six mois après, le procureur général était arrêté, la nuit, à son domicile; jeté dans un cachot comme un malfaiteur et traduit devant la justice.

Quelles furent les causes de ce revirement?

Quels graves motifs purent déterminer une pareille mesure de rigueur qui souleva la Bretagne et passionna la France entière ?

11 y a là un problème historique qu'il est intéressant de résoudre.

Ce sera Tobjet des chapitres qui vont suivre.

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