LES DEBUTS DU DUC D AIGUILLON
expédiait les lettres de provision des titulaires
nommes
Le commandant en chef des troupes représentait dans la province le gouverneur, qui luimême personnifiait l'autorité royale dans sa plus haute expression. Mais les gouverneurs, choisis d'ordinaire parmi les princes du sang ou les grands dignitaires de l'armée, n'avaient que des attributions nominales et des prérogatives honorifiques. Le commandant en chef exerçait en réalité tous les pouvoirs politiques et militaires, • et, pour l'administration de la province, il correspondait directement avec le ministre.
Depuis 1738, le gouverneur de Bretagne était le duc de Penthièvre, Louis-Jean-Marie de Bourbon, fils du comte de Toulouse et dernier héritier des fils légitimés de Louis XIV. Il garda toujours un rôle fort effacé, usant cependant de son influence dans des vues de conciliation et d'apaisement.
Les fonctions de commandant étaient autrement importantes et délicates. Elles servaient le plus souvent à mettre en relief un officier général d'avenir, auquel les plus brillantes charges à la cour ou dans la diplomatie étaient ensuite destinées.
Le commandement de la Bretagne était l'un des plus considérables, mais aussi l'un des plus difficiles. Les protecteurs du duc d'Aiguillon pensèrent qu'il n'était pas inférieur à cette tâche et qu'il saurait s'y distinguer. Il fut nommé commandant en chef de la province de Bretagne