Arch. d'n.-et-Vil., C
46 LE DUC d'aiguillon et la CIIALOTAIS
de leur mission. Après avoir annoncé que le roi était très bien remis, « nous eûmes l'honneur, dirent-ils, d'être présentés à Sa Majesté par M. le duc de Pentliièvre et M. le comte de Saint-Florentin; le roi était dans son lit et toute la cour autour de lui. — Nous tâchâmes d'exprimer les sentiments dont vous fûtes animés à la nouvelle de l'horrible attentat. Le roi nous écouta avec beaucoup d'attention et nous dit :
(c Je n'avais pas besoin du nouveau témoignage « d'attachement et d'affection que me donne ma <( province de Bretagne pour être persuadé de (( ses sentiments. Ils vont jusqu'au fond de mon (( cœur. Je vous charge, Messieurs, et je vous (( prie de l'en assurer. »
Les députés furent ensuite reçus par la reine, qui s'attendrit tellement qu'elle ne répondit que par des larmes; par le dauphin, par le duc de Bourgogne, par Madame^ qui leur dit gracieusement : (( Tout le monde voudrait être Breton aujourd'hui. »
Les députés n'oublièrent pas les intérêts de la province, ils virent les ministres ; le contrôleur général leur déclara, « sans s'expliquer clairement avec eux, qu'ils pouvaient assurer la province que le roi était disposé à lui donner des marques de sa satisfaction. »
Les Etats approuvèrent ces démarches et accordèrent à leurs délégués des gratifications de 15,000 et de 10,000 livres i.