Souvenirs manuscrits de 3/"*" de la Fruglaye
IGO LE DUC D AIGCILLO^ ET LV GIÎALOTAIS
Il eut des préjugés, il céda h FiTreur, il commit des faut*?», mois on ne saurait lui rcproclii'r aucune action basse, aucua acte de faiblesse; il ae sacrifia jamais aucune de ses convictions à ses intérêts personnels ou à ses devoirs. Il supporta avec dignité les épreuves, les persécutions et les violences. Il était ardent, Tinjustice le rendit irascible ; il put avoir des emportements; qui oserait le lui reproctier' ? Quelques jours avant sou arrestatiou, il écrivait à son gendre t'
1. M. Marîoii dit que l<î caiftclèrt? de Ln Chalotais élait <f vio-^ lent, empnrli^, vuidjifitir y (p. IG'J). Celii fùt-îl vrai — ce qui n'est pos — qu'il sot oit encore fort oxrusuble, comiiiû la suitû de celte hiskiîrc le dcmonlrerû. J
M. CaiTé dît qtill était (i violoiïl et rarouohc i?t que srt deienJ tîon le rendit intraitable. » (lolrod,, p. 11.) Je vois bien ce qu'est nn arumnl n fnrouche, » mais j'avoue que je ne me fijjure pas bien ce que peut être un mugis Irnt « farouche, m
M. Morion ajoute a qu'ii s'était fait un j^rond nombre d'onuQ miB nchaniès. Son frère Carndeuc de Keranroy, le premier pré sidctit de !a BrifTc d Amilly^ Tavoeat grnérnl Le Prostré le hnis^ Hiuent i> (p. 169), Kcfftnroy, qui était à peu près fou, s'étuitt brouille avec son frère peiur une question de succession : c'es^ un honneur pour Lu Chalotnîs d'avoir mérité rniilîpalhie dd d'Amilly^ ce personna|çe versatile et légfer, « faible et faux, ioujours prtit à trnhir tous les pnrtls ; enfin, c'est trop de dird^ que Le Prestrc « baïssaît w Ln Chololnis; sn correspondance ne purto aucune trace de ce sentiment; ils étaient brouilléa depuis que Le Prostré ovnit oblt*ou la place d'avocat général, que La Ûbolotiûs nurait voolu taire piiSHer à son TiL*». (Arcb. Nat,, H, i 435. Le Prestre à Laverdy, l^"" mai 17fi5). M
M. M à ri on ne manque pas de reproduire, du reste, le porlmrl^l tracé pnr d'Aiguillon ; tout eu le dérlorant <i fort cbargé et fort injuste, u il dit qu'il doit f orilenir qoelques éléments de vérité :
« Menteur, impudent, sa fausseté tenait é>înlcment dfl \a bassess<^, de lu méchanceté et de la perfidie... Redouté du pcupleJ méprisé des grands, il était recherché seubi'iiiiçot par quelque bourgeois avec qui il menait une vie crnpulouse, « etc. (i,a Bte'agne, p. 170, note).
Ou voit à quelles imputations indignes ln pnssîon poussait li duc d'Aig-uillou. On ne peut rien demander de plus, je crois, ù l^ bnine et à la cwloiunic combinées.
« On m'avertit de toutes parts qu'un gros orage s'accumule et doit bientôt fondre sur moi ; je me sens au-dessus de tout reproche et ne crois pas plus aux ennemis qu'aux sorciers * . »
Au physique, le procureur général était plutôt petit, avec un grand air de dignité; son large front annonçait l'intelligence, son nez busqué la volonté, ses lèvres minces l'esprit caustique et moqueur. Il n'avait point dans la vie privée l'aspect rigide et le caractère morose que l'on attribue volontiers aux amis de Port-Royal. Il était plein d'entrain et de gaieté. « Il joignait, dit son gendre, aux talents et aux vertus d'un magistrat un grand usage du monde, une parfaite égalité de caractère et une extrême amabilité dans l'intérieur de sa famille -. »
Il aimait à venir se reposer des travaux du Palais à sa terre du Plessix-de-Vern, située à deux lieues de Rennes, qu'il avait achetée en 1746 et où il avait fait des améliorations considérables. II avait dressé le plan d'un jardin français, avec de larges avenues aboutissant au château, à travers les bois qui l'entourent; il ne put exécuter ce plan qu'en partie et ne réalisa jamais celui qu'il avait conçu de faire reconstruire entièrement l'habitation 3.