Voltaire, Précis du Siècle de Louis XV, t. II, p
3. Journal dy, duc d'Aiguillon, III, p. l'iO. Cité par Camé, Etats de Bretagne, II, p. 1G7.
vrai de dire que « M™® de Pompadour aurait marché d'accord avec les Jésuites si ces inventeurs de la morale relâchée avaient eu pour le prince, ainsi que pour elle, les accommodements de conscience dont Pascal leur avait fait un
crime
Dès lors les attaques plurent de tous les côtés. La banqueroute du P. de Lavalette fut Tétincelle qui mit le feu aux poudres. Supérieur de la mission de la Martinique, il acheta des terres, exporta des denrées coloniales et se laissa aller à faire des actes de commerce et de banque. Il subit des revers, des lettres de change qu'il avait tirées ne furent pas payées, ses créanciers d'Europe s'inquiétèrent et citèrent la Compagnie devant les tribunaux consulaires de Paris et de Marseille. Elle fut déclarée responsable et condamnée à payer.
Il s'agissait de deux millions de livres environ. Les Jésuites eurent le tort de refuser, et ils commirent la faute plus grave encore d'en appeler au Parlement. C'était se livrer à leurs ennemis déclarés. Celui-ci, heureux de saisir cette occasion, transforma cette simple affaire de faillite en une question religieuse; il enjoignit aux Jésuites d'avoir à déposer leurs constitutions au greffe.
Il rendit, le 8 mai 1761, un premier arrêt qui les condamnait de nouveau à solder les lettres de change et déclarait la Compagnie responsable.
Cependant trois conseillers désignés étudiaient
1. Grétineau-Joly, Histoire de la Compagnie de Jésus, V, 179.
170 LE DUC d'aiguillon ET L\ CHALOTAIS
les constitutions : Lavcrdy, Falibé Terray Tabbé de Chauvelin. Le 8 juillet 1761, celui-ci lut son rapport. C'était une déiiotieiation en règle contre rinstitut, dont il incriminait les doctrines pernicieuses tant pour le dognie que pour la morale.
Le Parlement s'empara avidement de ce pré texte pour ordonner de nouvelles enquêtes.
Alors l'opinion puldique prit parti dans le dé bat avec imo ardeur passionnée. Voltaire dit que toutes les querelles tombèrent en oubli et que la question do l'expulsion des Jr^suiti^s occupa tout le royaume. Il attrilme leur impopularité k une influence et à un crédit q^ui étaient beaucoup plus apparents que réels ^
Les Jésuites avaient alors en France 88 collèges et 32 séntluaires, leur ordre comptait 4,000 membres. Aussi le roi redoutait le trouble que leur dispersion jetterait dans tout le royaume. Ils étaient d'ailleurs défendus à la cour par un parti puissant, a Les grandes robes et le clergé sont toujours atix couteaux tirés. . . disait Louis XV h M™*" de Ponipadour... mais je déteste bien plus les grandes robes, mon clergé au fond m*est attaché et fidèle, les autres voudraient me mettre en tutelle -, n
Le 2 août 1701, le rui (Mijoignit au Parlement de surseoir pendant un au et aux Jésuites de re-j metti^o au Conseil les titres d'étnldissement d^ leurs maisons. Le Paidement obéit sans obéir;
1, nUtoîie fin Partvmrnt de Partit, par r»bbé Bîgort» (Voltaire), ch, m, p, 3(JL