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Les exportations japonaises sont très variées et tendent à porter sur des industries de plus en plus nombreuses depuis trois ans. Pour les objets en caoutchouc, elles tiennent déjà le deuxième rang dans le commerce international, et le troisième pour la verrerie. Mais le Japon exporte aussi des textiles, de la fonte, des allumettes, de la porcelaine, des bicyclettes, des montres, des ampoules électriques, etc., surtout dans les pays riverains du Pacifique et de l’Océan Indien, mais aussi en Europe et en Amérique du Sud, et il tend à organiser et confisquer l’immense marché chinois.
Actuellement, les exportations japonaises n’égalent, à vrai dire, que le quart de celles de la Grande-Bretagne ou des Etats-Unis, la moitié de celles de la France et sont égales à celles de l'Italie. Dans l’ensemble, elles ne représentent que 3 % du commerce mondial en 1933. Mais tout permet de penser qu’elles prendront rapidement une extension bien plus grande.
Enfin, d’autres pays, plus modestement, tentent, à l’abri de barrières douanières, d’établir sur leur territoire une industrie qui puisse suffire au moins en partie à leurs besoins et remédier à la chute de leurs revenus que la crise a entraînée. Tels sont la Turquie, la Perse, l'Egypte, les Indes, l'Argentine, le Canada, le Mexique, le Chili et le Pérou.
Les nations industrielles ont dû chercher sur leur propre marché intérieur un débouché qui leur fait désormais défaut à l'étranger. Et c’est alors que la question du maïintien, de l'augmentation du pouvoir d’achat des masses salariées s’est trouvée portée au premier plan des préoccupations des économistes.
Pourquoi le pouvoir d'achat des masses salariées particulièrement ? C’est que l’immense progrès accompli par la technique depuis quinze ans surtout, s’est développé sous le signe de la production en série.
C’est en cette production en série que réside la caractéristique des entreprises modernes.
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Les entreprises très concentrées tendent à remplacer les petites et moyennes entreprises. Leur équipement est coûteux, leurs frais généraux élevés. Mais l’organisation leur permet cependant de vendre à meilleur compte que leurs concurrents, à condition de vendre en masse.
Sur chaque objet vendu, leur profit est petit, mais le nombre d'objets vendus’ est considérable. L’on comprend alors que, sous peine de mort, ces entreprises soient obligées de s'adresser à une clientèle de masses : à la foule des salariés. |
Certes, l’affirmation selon laquelle à la production en série, qui est le progrès parce qu’elle est bon marché, doit correspondre une consommation de masses, est une vérité première. Mais une vérité qu’il ne faut jamais perdre de vue lorsque l’on raisonne, à notre époque, sur la politique à suivre en matière de salaires.
Or c’est précisément à l’époque où les débouchés extérieurs des nations industrielles se restreignent, et lorsque la question du pouvoir de consommation des salariés passe en pleine lumière, que l’on s'aperçoit que le progrès technique semble à la fois exiger l’extension de ce pouvoir de consommation et qu’en fait il le réduit.
Le progrès technique tend à réduire la main-d'œuvre humaine et à abaisser sa rétribution, sinon d’une façon absolue, mais tout au moins relativement. Autrement dit, dans l’ensemble, le progrès technique tend à diminuer 1a part que le salariat reçoit chaque année sur les nouvelles richesses créées.
Et ce phénomène est particulièrement sensible depuis la guerre. C’est ainsi qu'aux Etats-Unis, un ouvrier fait en 1930, dans la fabrication des lampes à incandescence le travail que 9.000 ouvriers faisaient en 1914. La Société des automobiles Buick voit sa production multipliée par 14 entre 1920 et 1927, alors que son personnel n’augmente que de 10 % ; les chemins de fer employaient en 1920 2.160.000 salariés ; en 1930, ils n’en occupaient plus que
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1.300.000, quoique l'indice des wagons chargés et du trafic ait augmenté entre temps de 7 %. L’American Engeneering Council, grande association d'entrepreneurs, constata, après enquête portant sur 110 entreprises, que la production obtenue en 1923 avec 180.000 heures d'ouvriers n’en demandait plus que 124.000 en 1930. D’une façon générale, entre 1920 et 1928, la productivité ouvrière aux Etats-Unis avait augmenté de 50 ° dans les aciéries, 139 *, dans la fabrication du fer, 163 % dans la fabrication des pneumatiques. Dans l’ensemble, la productivité ouvrière et paysanne a augmenté, aux Etats-Unis, d'environ 35 % entre 1922 et 1925 (Recent Economic Changes, p. XV).
En Allemagne, compte tenu de la réduction du temps de travail, l’augmentation horaire par tête d’ouvrier atteint, selon les chiffres de recensement industriel officiels, 70 % en sept ans, de 1926 à 1933.
En Tchécoslovaquie, dans l’importante industrie de Ja verrerie, 8.000 ouvriers en 1923 fabriquaïient 50 millions de bouteilles par an; en 1933, 1.000 ouvriers en faisaient 100 millions :.
Dans les autres pays industriels, l’avance a dû être de même ordre, car ils soutenaient efficacement, notamment la Grande-Bretagne et la France, la concurrence étrangère sur les marchés internationaux. Dans certains pays, d’ailleurs, tels le Japon, le progrès a été sensiblement plus rapide encore.
Quoi qu'il en soit, l’ensemble des chiffres donnés mon tre clairement qu’alors même que la production augmentait, les salariés, c’est-à-dire leurs salaires et leur pouvoir de consommation, disparaissaient du marché en grand nombre.
Au sommet de la « prospérité », dans l’été de 1929, il y
1. Ces chiffres proviennent du livre de M. I. Duboin, La grande Révolution qui vient, dans lequel sont rapportées des statistiques officielles, de la page économique du Peuple, 12 décembre 1933, du B. I. T. et du rapport sur les «Recent Economic changes », fait sous la présidence du Président Hoover, en 1929, aux
Etats-Unis.