Le pouvoir temporel des papes
C'est avec une grande satisfaction que nous avons reçu dernièrement votre lettre, datée du 4 des ides du mois de mars dernier, par laquelle vous nous annonciez l'envoi de votre ouvrage imprimé cette année à Paris sous ce titre : Le Pouvoir temporel des Papes justifié par l'histoire. Bien que les soins continuels et les occupations très-graves de notre pontificat suprême nous aient empêché jusqu'à présent de lire cet ouvrage en entier, comme nous désirons le faire, néanmoins ce que nous avons voulu en goûter aussitôt nous a causé un plaisir et une consolation extrêmes. En effet, nous avons reconnu, notre bien-aimé fils, avec quel zèle vous vous êtes appliqué à soutenir la principauté civile de ce Saint- Siège et des pontifes romains, en défendant savamment sa cause et ses droits, surtout d'après les monuments les plus authentiques et les plus indubitables de l'histoire, et en la vengeant des mensonges impudents, des injures et des attaques de ses adversaires. Aussi nous vous félicitons hautement de cette entreprise et nous ne doutons pas que, suivant les sentiments éminents de religion et de piété qui vous animent, vous ne continuiez, avec une ardeur plus grande encore, à combattre d'une manière intrépide pour la défense de l'Église catholique et de ce Saint- Siège. Nous vous rendons 'aujourd'hui les actions de grâces que vous méritez pour cette œuvre, et nous nous réjouissons en même temps de cette occasion qui nous est offerte de vous témoigner et de vous confirmer la bienveillance particulière que nous ressentons pour vous en Notre-Seigneur. Nous voulons aussi vous en donner un gage assuré dans la bénédiction apostolique, sortie du fond de notre cœur, que nous accordons, avec la plus grande affection, à vous-même, notre cher fils, et au troupeau confié à votre vigilance.
Donné à Rome, à Saint-Pierre, le 30 avril 1863, de notre pontificat la 17e année.