CHAPITRE V
jusqu'au couronnement DE CHARLEMAGNE.
A mesure que nous avançons dans l'histoire du pouvoir temporel des papes, nous voyons cette merveilleuse institution devenir plus forte en même temps qu'elle devient plus nécessaire.
Tout concourt à l'étendre : du côté des papes , leur sainteté, leurs services, leurs bienfaits ; du côté des empereurs, leur confiance d'abord, ensuite leurs exigences, leur tyrannie, leur penchant à l'hérésie , leurs sanglantes persécutions ; du côté des peuples, l'esprit de soumission et cle fidélité, qui porte vers Rome toutes les nations évangélisées et civilisées par les missionnaires, et la reconnaissance de l'Italie, qui vénère dans les papes des gardiens et des sauveurs.
Cette révolution, mûrie par quatre siècles d'expérience, se déclara sous le pape Grégoire II et sous l'empereur Léon l'Isaurien. Une nouvelle hérésie venait de naître sous le patronage impérial : c'était celle des iconoclastes ou briseurs d'images. Par un édit rendu en 726, l'empereur déclara » que, pour reconnaître les bienfaits dont Dieu l'avait comblé depuis son avènement à l'empire, il voulait détruire l'idolâtrie introduite dans l'Eglise; que les images de Jésus-Christ, de1 la Ste Vierge et des saints étaient des idoles auxquelles on rendait des honneurs dont Dieu était jaloux; qu'il fallait en conséquence les enlever des temples , des oratoires, des maisons particulières et les mettre en pièces. »